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mercredi 22 mai 2024

Biden, Obama, Clinton, copieusement chahutés

Les démocrates ont organisé jeudi dernier à new York un grand show aux fins de collecte de fonds pour le financement de la campagne présidentielle. Le spectacle a consisté à produire trois présidents démocrates à la fois : Joe Biden, et deux de ses prédécesseurs, Barack Obama et Bill Clinton, mais aussi au fil de la soirée plusieurs vedettes du spectacle. L’événement s’est tenu dans une immense et bien connue salle de Manhattan, à laquelle n’avaient en principe accès que ceux qui avaient pu s’offrir un ticket coûtant entre 250 000 et 500 000 dollars. Ceux qui en étaient incapables pouvaient cependant assister au spectacle, mais en virtuel et dans une autre salle. Avec une barrière d’entrée aussi haut placée, les organisateurs en principe étaient tranquilles. Ils ne risquaient pas de voir surgir au beau milieu du spectacle des fous furieux criant : Genocide, genocide ; ou sinon : honte à vous, vous un tel, quel que soit votre nom, Biden, Obama ou Clinton. Un genre d’incident à ce point fréquent que Biden lui-même n’apparaît plus nulle part sans être interrompu et conspué par ces mêmes cris, et d’autres encore de même tonalité. Il n’y avait d’ailleurs pas que le prix d’entrée qui devait garantir contre la présence de chahuteurs opposés à la guerre, mais décrits dans les médias comme de simples militants pro-palestiniens, qui à ce titre ne méritaient pas d’être pris au sérieux.

On pensait aussi que la présence de Barack Obama, venu pour l’occasion avec Biden sur Air Force One, était elle aussi de nature à dissuader les chahuteurs. Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Mieux, les antiguerres n’ont pas interrompu le spectacle une seule fois, mais plusieurs. Les premiers à donner de la voix ont été dûment saisis et mis dehors. On croyait l’incident clos. On se trompait ; d’autres, des jeunes, se sont manifestés au bout d’un certain temps, poussant les mêmes cris de forcenés. A leur tour, ils sont pris et expulsés. Et ainsi de suite, un certain nombre de fois. Il ne devait être question que peu de la guerre d’Israël contre Ghaza, et beaucoup en revanche des qualités de Biden, à faire certifier par des gens dignes de fois, deux anciens présidents des Etats-Unis. On ne peut être démocrate et mettre en doute leur parole, lorsqu’ils disent que Biden mérite largement un deuxième mandat. Notons toutefois qu’il n’existe côté républicain personne pour être en mesure de faire le garant de Donald Trump, ce qui est autre chose que lui apporter son soutien. N’étant pas habitué à être interrompu, sinon par des applaudissements, Obama n’a guère apprécié de se voir réserver le même traitement qu’à Biden et à Clinton. Il a fini par s’en formaliser. Toujours est-il qu’il sait maintenant que cette campagne électorale sera différente de la précédente, dans laquelle il s’était beaucoup dépensé, y compris lors des primaires, ce qui n’avait pas peu aidé Biden face à Bernie Sanders. Que sa magie n’opèrera pas cette fois-ci, à moins peut-être qu’il soit mis fin à la guerre, et suffisamment à temps pour que les démocrates aient des chances de retrouver leur unité, pour l’heure en train de se fissurer de partout. Lui et Clinton ont tenu le même discours, suivant lequel la seule politique dans cette guerre, c’est celle qui est menée par Biden : d’une part soutien à Israël, de l’autre le plus possible d’aide humanitaire à la population de Ghaza. Autrement dit : d’une main
livrer à flux tendu à Israël les armes dont il a besoin pour tuer un maximum de Palestiniens, et de l’autre montrer beaucoup d’humanité envers ces derniers, ne serait-ce que pour éviter d’être soi-même accusé plus tard de complicité de génocide. Car si les armes sont bien fournies et en quantité suffisante, les vivres elles manquent toujours à la population. C’est-à-dire que même cette seule politique possible, défendue par Obama et Clinton, n’est en fait mise en œuvre qu’en partie.

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