11.9 C
Alger
lundi 6 février 2023

Besoin

Alors que les républicains américains demandent des comptes aujourd’hui à l’administration Biden pour le départ chaotique des dernières troupes et derniers personnels américains du sol afghan, l’Irak, que les États-Unis ont quitté depuis plusieurs années déjà, maintenant tout de même 2 000 militaires américains sur son sol, demande aujourd’hui l’aide de Washington. En effet, Mohamed Chia al-Soudani, Premier ministre en poste depuis fin octobre, estime qu’«il faudra encore du temps pour éliminer le groupe État islamique» qui continue de semer la violence dans le pays. Le Chef du gouvernement irakien, aux commandes depuis trois mois, reconnaît dans un entretien publié dimanche dans le «Wall Street Journal» que son pays a pour le moment toujours «besoin des troupes étrangères», essentiellement américaines. «Nous pensons que nous avons besoin des forces étrangères», déclare le Chef du gouvernement irakien, qui ajoute : «Il faudra encore du temps pour éliminer le groupe État islamique». «Nous n’avons pas besoin de troupes combattantes à l’intérieur du territoire irakien», a-t-il précisé, ajoutant : «La menace pour l’Irak vient de la pénétration de cellules de l’État islamique depuis la Syrie». Les États-Unis maintiennent en Irak environ 2 000 militaires pour des missions de formation et de conseil. L’Otan conduit pour sa part également une mission non-combattante en Irak, impliquant selon son site internet «plusieurs centaines de personnes» venues de plusieurs pays, membres de l’Otan ou partenaires (Australie, Finlande, Suède). «Je ne crois pas qu’il soit impossible que l’Irak entretienne une bonne relation à la fois avec l’Iran et avec les États-Unis», a encore noté Mohamed Chia al-Soudani. Son gouvernement, né après un an d’épreuves de force parfois sanglantes, s’appuie sur des partis pro-Iran qui dominent l’Assemblée. L’Irak est par ailleurs très dépendant du gaz et de l’électricité de son voisin. Il fait face à d’immenses attentes d’un peuple irakien épuisé par une grave crise économique et sociale. Dans l’entretien publié dimanche, Mohamed Chia al-Soudani se montre toutefois soucieux de ménager aussi les États-Unis, qui ne cessent de durcir le ton contre le régime iranien. Il a ainsi déclaré aux journalistes l’interrogeant qu’il voulait envoyer une délégation de haut niveau à Washington prochainement, en prélude peut-être à une rencontre avec le président américain Joe Biden. Cet appel à l’aide en tout cas a une étrange résonnance, connaissant la tragique histoire qui lie les deux pays et alors que les Irakiens ont eu tant de mal à faire en sorte que les Américains quittent leur pays après plusieurs années d’une occupation militaire partielle qui a plongé le pays dans le chaos. Reste à voir si les Américains répondront positivement aux demandes irakiennes et s’ils prendront le risque de s’investir politiquement au Moyen-Orient qu’ils ont quitté en laissant un pays défiguré.

F. M.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img