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samedi 3 décembre 2022

Benkhalfa au sujet des investissements : «L’Algérie accuse quelques décalages et dysfonctionnements»

Les règles de l’investissement subissent à chaque occasion des changements, alors que partout ailleurs les règles sont stabilisées pour dix, voire vingt ans, a estimé l’analyste financier et ancien ministre, Abderrahmane Benkhalfa, sur les ondes de la Radio nationale.
Code de l’investissement, situation économique du pays, l’ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a évoqué les multiples blocages qui entravent le développement économique du pays. Pour lui, les changements conjoncturels des règles régissant l’investissement en sont pour beaucoup dans la situation actuelle. Il dira, à cet effet, que l’Algérie accuse quelques décalages et dysfonctionnements dans le domaine de l’investissement.
De ce fait, plusieurs aspects importants doivent être revus et accélérés pour atteindre l’objectif primordial pour l’Algérie, celui de redynamiser l’économie nationale. Invité de la rédaction de la chaine III, Benkhalfa a estimé que les traitements conjoncturels de l’économie ne peuvent pas remplacer les traitements structurels. L’analyste financier a précisé qu’il y a trop de textes d’application. «Lorsqu’un texte de loi est promulgué, la série des textes d’application fait que l’applicabilité des textes est lointaine», a-t-il expliqué. Il a appellé, à cette occasion, à la révision de notre ingénierie juridique.
Évoquant le code de l’investissement, l’invité a estimé que celui-ci doit consacrer une ouverture de l’économie qui est essentielle, parce que, a-t-il développé, notre économie est restée, pendant une longue période, trop fermée sur elle-même. M. Benkhalfa a cité comme preuve l’avance enregistrée dans certains secteurs au niveau local, alors qu’à l’international rien n’a été fait. «La preuve, à l’intérieur du pays nous avançons valablement, notamment dans certains secteurs comme l’agriculture, mais au plan international nous n’avons pas l’attractivité souhaitée», a-t-il regretté. La solution à ses dires ne réside pas dans les changements des règles de l’investissement. Elle doit faire l’objet d’un marketing et d’un lobbying au plan international.
Pour l’invité de la Chaîne 3, l’Algérie doit investir un peu plus dans la capacité de lobbying. Il a affirmé, sur ce point, que «dans tous les pays, y compris les pays africains, les relances économiques font l’objet d’un marketing et d’un lobbying au plan international pour ajuster les flux d’investissement internationaux».
Pour l’intervenant, l’Algérie a raté beaucoup d’occasions pour entreprendre des réformes profondes, notamment durant la hausse des prix du pétrole. «Actuellement, une belle occasion se présente à l’Algérie, celle d’une ambiance politique institutionnelle qu’il ne faut pas rater», a-t-il dit. Il a plaidé pour l’instauration de nouvelles priorités économiques pour l’année en cours, car, a-t-il expliqué, «lorsque l’économique est déclassé par rapport aux priorités institutionnelles et politiques, nous restons toujours dans des traitements conjoncturels. Et le conjoncturel ne règle pas la situation économique actuelle». Il a soutenu que «nous n’avons pas le droit à l’erreur, le temps est contre nous, nous n’avons plus les marges de manœuvre que nous avions auparavant. C’est le régime de croissance qui n’a pas changé».
Louisa Ait Ramdane

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