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samedi 3 décembre 2022

Bénéfique pour certain et nuisible pour d’autres: La vente à la sauvette regagne le terrain perdu

Malgré les nombreuses mesures décrétées au cours des dernières années pour l’éradiquer et débarrasser l’économie nationale de sa nuisance, le commerce informel reprend de plus belle à Alger.

Par Thinhinane Khouchi
La vente à la sauvette est une pratique qui est, dans certain cas, bénéfique aux consommateurs aux revenus moyens. En effet, la majorité des commerçants informels proposent des produits moins chers que les commerçants formels. Mais si cette pratique est souvent bénéfique aux citoyens, elle à un impact dévastateur sur l’économie nationale, ce qui a poussé le gouvernement à décréter de nombreuses mesures pour l’éradiquer, chose qui reste impossible à réaliser vu l’invasion du commerce informel dans nos rues. Ce phénomène est également largement décrié par les commerçants «formels», détenteurs d’un registre du commerce et payeurs assidus d’impôts, étant les premiers à en faire les frais. «Les gens nous reprochent de vendre plus cher que ces vendeurs à la sauvette, mais ils ne savent pas qu’ils n’ont ni impôts ni loyer à payer chaque mois», nous dira un commerçant de vêtements pour enfants à Meissonnier, ajoutant que «c’est devenu insupportable. Les autorités doivent assumer leurs responsabilités. Le nombre de vendeurs anarchiques ne cesse d’augmenter dans l’impunité totale». Un autre commerçant nous a expliqué que «certaines personnes cassent les prix grâce à l’avantage de l’absence de charges et écoulent leurs marchandises au vu et au su des services de l’Etat». Des locataires de locaux commerciaux affirment qu’en raison de la concurrence de l’informel ils arrivent à peine à rentabiliser leur activité et à payer le loyer, hors de prix dans cette rue commerçante très fréquentée. Même cas à Clauzel où des commerçants informels exposent leurs étals au vu de tous. Souvent des policiers viennent le matin et somment les vendeurs de ramasser leurs marchandises, mais aussitôt les éléments de la Sûreté nationale partis, les vendeurs anarchiques se réapproprient les lieux et squattent la place. Par ailleurs, si les citoyens trouvent en ces vendeurs une occasion pour dépenser moins et se faire plaisir ainsi qu’à leurs enfants, ils dénoncent, néanmoins, le fait de trouver du mal à circuler car les vendeurs à la sauvette s’installent sur les trottoirs et souvent dans les petites rues, rendant la circulation des véhicules et des piétons impossible. En outre, l’énorme bazar informel du centre d’Alger reste celui de la place des Martyrs, où tout se vend. Là aussi, les propriétaires des magasins affichent un mécontentement vis-à-vis de ces étals qui envahissent les trottoirs et les ruelles. Par ailleurs, ces commerçants d’occasion justifient le recours grandissant à la vente informelle par le chômage et l’absence d’espaces commerciaux aménagés mais aussi la cherté des loyers. «Les loyers sont trop élevés,
s’ajoutent à cela les impôts. Aux prix où l’on vend nos produits, on ne pourra pas assurer ces charges», nous dira un vendeur de foulards rencontré à «Sahet Chouhada, ajoutant : «Les gens pensent qu’on se fait des fortunes avec ces tables. Mais pas du tout ! On gagne de quoi vivre seulement au lieu de mendier».
T. K.

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