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lundi 26 septembre 2022

Bataille pour le pouvoir en Libye ou seulement nouvelle flambée de violence à Tripoli ?

Un jour entier plus tard, la question que l’on se posait hier de savoir si les derniers affrontements de Tripoli, mettant aux prises les partisans de Abdelhamid Dbeibah et ceux de Fathi Bashagha, constituaient une nouvelle flambée de violence, à ce titre semblable à celles qui avaient déjà eu lieu et qui s’étaient vite éteintes, ou s’ils étaient le début d’une nouvelle bataille de Tripoli, comme telle de même ampleur et intensité que celle de 2019, qui alors est appelée à durer, cette question se pose toujours et dans les mêmes termes. Il en est ainsi parce que d’une part ces combats, qui ont provoqué plus d’une vingtaine de morts, des dizaines de blessés et quelques destructions, se sont arrêtés vers la fin de la journée, celle de samedi, mais parce que, de l’autre, rien ne dit encore que ce n’est pas pour reprendre dans les heures qui viennent. Force est donc d’attendre ce qui va se passer pour avoir une réponse. Il n’en reste pas moins que dès à présent, on peut dire qu’ils ont été plus importants que ceux de juillet dernier, par exemple, aussi bien par le nombre des groupes y prenant part, une dizaine, que par celui des zones de combat, pour le moins au nombre de quatre.

L’ambassade américaine notamment, tout en appelant à l’arrêt des combats, a mis l’accent sur la nécessité de ménager des voies de sortie aux civils désireux de fuir les combats. Cependant la journée ne s’est pas terminée sans que l’on voie Dbeibah rendre visite à un groupe de combattants, leur assurant que le temps des coups de force était terminé en Libye. Cela donne à penser que la décision a été emportée par lui et ses partisans, que les putschistes ou les attaquants ont été vaincus. Maintenant, on aurait été plus enclin à le croire s’il était filmé autrement que par des moyens de fortune, et que les images étaient mieux cadrées et plus stables, alors qu’elles tressautaient tout le temps, comme s’il
s’agissait de faire vite, le danger étant encore présent. Dans la journée, il a été question de convois militaires en provenance de Misrata et mettant le cap sur Tripoli. Un convoi venant de l’ouest a également été signalé, ainsi qu’un autre surgissant au sud. En fin de journée, on ne savait toujours pas où étaient passées ces colonnes, si elles avaient été interceptées, si elles avaient rebroussé chemin, ou si au contraire elles étaient bel et bien entrées dans Tripoli. Les heures qui viennent ne manqueront pas de nous en apprendre davantage. Dans le cas où il s’avère qu’en effet, c’est une nouvelle bataille de Tripoli qui commence, tous ceux qui s’intéressent au sort de la Libye seront du moins certains que de son issue dépendra dans une bonne mesure l’avenir politique de la Libye. Si on a affaire à une offensive sur Tripoli, de deux choses l’une : ou bien elle est couronnée de succès, ou bien elle échoue comme la précédente, celle de 2019. Dans les deux cas, il y aura un vainqueur et donc une force réunifiant la Libye sous son autorité, qu’elle-même relève du gouvernement Dbeibah ou du gouvernement rival, celui de Bashagha. Mais si au contraire, ces affrontements ne sont qu’une flambée de violence de plus, alors cela voudra dire qu’il y en aura d’autres et que la division de la Libye en deux entités politiques va persister pendant un temps indéfini. L’autre alternative, que serait une relance du processus politique, a moins de chance d’aboutir que le recours pur et simple à la contrainte. Ce qui manque en Libye depuis maintenant une décennie, ce ne sont pas des armes, mais une force capable de les soustraire aux autres pour s’en réserver la possession et l’usage.

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