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lundi 27 juin 2022

Bataille

Coincés entre La République En Marche et le Rassemblement National, Les Républicains craignent de voir leurs électeurs les déserter faute de discours politique solide et clair, et leur infliger une défaite lors des élections régionales de juin. Pourtant, la droite ne semble pour le moment décidée à combattre que le RN. Les Républicains vont «tout faire» pour que le Rassemblement National ne remporte aucune région lors des élections régionales de juin, a ainsi martelé jeudi le président LR du Sénat, Gérard Larcher, en renouvelant son soutien au président sortant de Paca, Renaud Muselier, au coude-à-coude avec le RN. «Je soutiens Renaud Muselier, et très clairement», a-t-il souligné après le psychodrame autour de la constitution de sa liste avec des membres de la majorité présidentielle. Accusant Emmanuel Macron d’avoir «créé la confusion» dans cette région avec l’annonce par Jean Castex dans un premier temps d’une alliance LREM/LR avec la présence de la ministre Sophie Cluzel sur la liste de Renaud Muselier, il a souligné qu’«à chaque fois qu’il y a un manque de clarté, on favorise le Rassemblement National». Un sondage Elabe pour BFMTV, publié mercredi, donne Thierry Mariani, le candidat du RN, en tête au premier tour (43 %), loin devant Renaud Muselier, notamment allié avec des membres de la majorité (33 %), et les deux candidats au coude-à-coude en cas de duel au second tour. Toutefois, chez Les Républicains l’on ne considère pas cette bataille perdue d’avance. «C’est un combat qu’il faut mener, c’est un combat difficile ; nous pouvons l’emporter, et nous allons tout faire pour qu’il ne la remporte pas», a promis Gérard Larcher. «Le RN peut faire des bons scores, Marine Le Pen cible trois régions (Paca, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté), il faut tout faire pour qu’il n’en ait aucune», a-t-il ajouté. Dans les Hauts-de-France, Gérard Larcher, soutien du président sortant ex-LR Xavier Bertrand, a déploré là encore «la confusion créée par l’arrivée de ministres en grand nombre», mais ne se «trompe pas : l’adversaire pour moi, c’est M. Chenu», le candidat du RN, a-t-il souligné. Un an avant la présidentielle, il a confirmé que «si Xavier Bertrand gagne, si Valérie Pécresse l’emporte (en Ile-de-France), si Laurent Wauquiez l’emporte (en Auvergne-Rhône-Alpes)», LR aura juste derrière à déterminer qui sera candidat pour la présidentielle de 2022, avec deux possibilités : «Si l’un s’impose naturellement nous en ferons le constat, sinon nous entrerons dans une procédure de départage, qui n’est pas une procédure simple, mais à la fin une dream team soutiendra le ou la candidate et à ce moment-là, tout est possible pour 2022», assure-t-il. Néanmoins, l’obsession de la droite pour contrer le RN laisse un boulevard à LREM qui localement n’a que peu d’attaches et qui justement cherche à se construire une nouvelle crédibilité politique en vue de la présidentielle de 2022. Reste à voir si au final la stratégie choisie par la droite sera la meilleure ou si la vieille ficelle du cordon sanitaire autour du parti de Marine Le Pen aura au contraire pour effet de mobiliser les électeurs de cette dernière et de faire ainsi grimper sa réserve de voix au détriment des candidats LR.

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