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mercredi 7 décembre 2022

Barkhane

Au début de l’année 2013 la France s’implique dans la guerre au Mali qui a débuté à la fin de l’année 2012. L’opération Barkhane, une opération militaire menée au Sahel et au Sahara par l’Armée française, avec une aide secondaire d’armées alliées, visait à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Lancée le 1er août 2014, elle remplace les opérations Serval et Épervier. Il y a quelques semaines l’Élysée avait finalement annoncée la fin de l’opération Barkhane au grand dam des autorités maliennes. Pour le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, le retrait de la force Barkhane est un «abandon en plein vol», a-t-il accusé ce samedi. Le chef du gouvernement malien de transition a évoqué la nécessité pour son pays de «chercher d’autres partenaires». «La nouvelle situation née de la fin de Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et les moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d’autres partenaires», a-t-il affirmé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Il s’agit de «combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture de certaines emprises de Barkhane dans le nord du Mali», a précisé le Premier ministre, déplorant un «manque de concertation» et une annonce «unilatérale» sans coordination tripartite avec l’ONU et le gouvernement malien. Dans un contexte de menace djihadiste accrue, «l’opération française Barkhane annonce subitement son retrait en vue, dit-on, d’une transformation en coalition internationale dont tous les contours ne sont pas encore connus», a aussi déclaré Choguel Kokalla Maïga. Et d’ajouter : «En tout cas, pas de mon pays, pas de notre peuple». L’annonce «unilatérale» du retrait de Barkhane et sa transformation n’ont pas tenu compte «du lien tripartite qui nous lie» (l’ONU, le Mali et la France). «Le Mali regrette que le principe de consultation et de concertation, qui doit être la règle entre partenaires privilégiés, n’ait pas été observé en amont de la décision», a poursuivi le Premier ministre malien. Ce dernier a réclamé que la mission de paix Minusma de l’ONU et ses 15 000 Casques bleus aient une posture «plus offensive» sur le terrain. Il a enfin assuré qu’il n’y avait pas de sentiment «anti-Minusma» au Mali, pas plus qu’un «sentiment antifrançais». Toutefois, du côté de l’Élysée l’on avait de plus en plus de mal à continuer à justifier la présence de l’armée française sur le sol malien, avec des dizaines de militaires ayant perdus la vie, mais également avec pas loin d’un milliard d’euros de budget. Or, la crise du Covid-19 est passée par là et la France a débloqué énormément de fonds pour lutter contre la crise économique qui a suivi la crise sanitaire rendant toute dépense sujette à un examen plus minutieux que jamais, surtout que l’opération Barkhane en place depuis déjà huit ans est loin d’avoir produit les résultats escomptés.

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