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mardi 28 septembre 2021

Banques: Le nouveau programme de refinancement accélèrera la reprise économique post-Covid

Le programme spécial de refinancement, mis en place début juillet par la Banque d’Algérie, devrait contribuer à l’accélération de la reprise économique post-Covid en augmentant significativement les capacités des banques à financer les investissements, a indiqué l’économiste M’hamed Hamidouche.

Par Farid M.

«Plus qu’un soutien à la relance économique, ce programme de refinancement, plafonné à 2 100 milliards de dinars, devrait contribuer à l’accélération de la dynamique de l’ensemble des activités économiques après la crise du Covid-19, ou plus exactement, assurer l’amélioration de la conjoncture économique de l’Algérie», a affirmé le Pr Hamidouche dans un entretien à l’APS.
La Banque d’Algérie avait annoncé dans son règlement 21-02 du 10 juin 2021, publié au Journal officiel n° 49, un programme spécial de refinancement pour une durée d’une année, à compter du 1er juillet 2021. Ce programme a pour effet d’accroître la liquidité bancaire à court et moyen terme, et la distribution du crédit pour un équivalant de 15,5 milliards de dollars, a fait remarquer l’expert.
Selon les prévisions du Pr Hamidouche, ce programme «très bénéfique» devrait permettre une hausse des crédits pour la fin de l’année 2022 d’environ
25 %, un taux bien meilleur que celui enregistré durant la période 2015-2018 mais inférieur relativement au taux de 2014.
Ce niveau de liquidité bancaire destinée au financement économique permettra d’améliorer la croissance économique en 2022 de 10 à 15 points, ajoute l’expert.
Cette démarche intervient dans un contexte de crise sanitaire où la politique monétaire de Algérie n’a pas connu d’ardeur en faveur des mesures non conventionnelles telles que l’extension de la liste des actifs admis en garantie dans le cadre des opérations d’open-market, l’apport de liquidités à long terme, les achats fermes de titres auprès du marché financier ou le lancement des programmes d’assouplissement quantitatif «Quantitative easing», comme l’a déjà fait la Banque centrale européenne (BCE) ou celle américaine (Fed).
S’agissant d’un risque potentiel de tension inflationniste, le Pr Hamidouche a assuré que ce programme ne suscite aucune inquiétude à cet égard : «Loin du langage simpliste qui sous-entend l’inflation suite à la planche à billets, il faut savoir qu’il n’y a pas de crainte à ce programme, car par commodité, le ratio du poids du réescompte et les avances à taux fixes par rapport au PIB doit être inférieur à 20 %. En conséquence, ces postes de bilan ne relèvent aucune inquiétude».
Il a rappelé que l’inflation peut avoir des origines non monétaires (l’inflation par la demande, l’inflation sectorielle, l’inflation par les coûts, l’inflation par les formes de marché et l’inflation par l’action des groupes sociaux).
L’économiste a admis, toutefois, que les programmes de refinancement ont leurs propres limites sur le plan opérationnel, citant à titre d’exemple les accords ou les visas des entités pour ce genre d’opérations, les plafonds institués et les limitations propres à respecter (coefficient de la trésorerie, coefficient de retenue et la mobilisation de la partie qui vient à échéance et les coûts engendrés) et la prépondérance du secteur public.
Il a alerté, par ailleurs, sur «le risque significatif» qui gravite autour de ce programme ayant trait à la solidité financière des banques issu du taux de provision des créances classées qui a atteint 50 %, «d’où une autorité de supervision s’impose, pour plus d’assurance à ce programme et le devenir du système bancaire algérien».

F. M.

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