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vendredi 30 septembre 2022

Baisse des cours de plus de 20 % depuis début juin: Le pétrole recule à moins de 95 dollars

Les prix du pétrole refluaient nettement hier, des données sur la consommation et la production industrielle en Chine laissant craindre une consommation en berne du premier importateur mondial de brut.

Par Meriem Benchaouia

Hier matin, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 3,26 % à 94,94 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait quant à lui 3,63 %, à 88,65 dollars. En juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu, en raison d’un rebond du Covid-19 et d’une crise dans l’immobilier qui ont lourdement pénalisé l’activité. « L’accès de faiblesse de l’économie chinoise pèse sur le pétrole, et il y a peu de chances d’un rebond à court terme », résume Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. Il estime « assez clair que la demande chinoise peu vigoureuse explique le déclin des prix du pétrole depuis juin ». Les marchés surveillent également les négociations autour de l’accord sur le nucléaire iranien, qui pourrait conduire à la fin des sanctions pour ce membre clef de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Des obstacles demeurent, et l’Iran réclame des « assurances » sur certains points, selon un diplomate cité par l’agence officielle Irna. « Tant qu’un accord n’est pas signé, il ne faut rien prendre pour acquis », prévient Craig Erlam, analyste chez Oanda, qui prévoit cependant que la pression sur les prix du pétrole s’intensifierait en cas de succès des négociations. Après s’être envolés en début d’année alors que la demande reprenait avec la fin des confinements et le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cours ont cédé plus de 20 % depuis début juin. La flambée des prix au début de l’année a permis au géant pétrolier saoudien Aramco de dégager un bénéfice record de 48,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, a-t-il annoncé dimanche. De son côté, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a encore révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale et de demande pétrolière pour cette année, après une précédente révision à la baisse en mai. Dans son rapport mensuel, l’Opep a estimé que l’économie mondiale devrait enregistrer en 2022 une croissance de 3,1 %, contre 3,5 % qu’elle avait prévue au cours des trois mois précédents. Elle a expliqué cette révision à la baisse en évoquant « une croissance en baisse au second trimestre dans les grandes économies, et une tendance molle observée dans certaines économies clés ». Dans son rapport du mois de mai, l’Opep avait déjà révisé à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour cette année, de 3,9 % à 3,5 %. L’Organisation avait maintenu cette projection en juillet. Les risques pesant sur l’économie mondiale comprennent les tensions géopolitiques et problèmes de chaîne d’approvisionnement existants, la persistance de la pandémie de Covid-19, la montée de l’inflation, les niveaux de dette souveraine dans un grand nombre de régions, et le durcissement monétaire attendu des banques centrales aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Japon et dans la zone euro. L’Organisation des producteurs de pétrole a également prévu que la demande mondiale de pétrole atteindrait en moyenne 100 millions de barils par jour (bpj), contre 100,3 millions de bpj selon les estimations de ces derniers mois. Cette révision des projections de la demande de pétrole est liée aux « anticipations de retour de restrictions liées à la pandémie du coronavirus et aux incertitudes géopolitiques persistantes au cours du second semestre de l’année ».
M. B.

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