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samedi 1 octobre 2022

Baisse de la moyenne de succès au baccalauréat à 9/20: Les inspecteurs de l’Education dénoncent «une décision improvisée et irréfléchie»

Le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale, à son tour, est monté au créneau pour s’indigner contre la révision à la baisse de la moyenne de réussite au baccalauréat à 9/20, annoncée dimanche dernier par  le premier responsable du secteur, Mohamed Ouadjaout, interpellant ainsi le président de la République pour annuler cette décision.

La colère et l’indignation suscitées par la décision de rabaisser la moyenne minimale de succès à l’examen du baccalauréat pour sa session 2019-2020 à 9/20 au lieu de 10/20 habituellement, prise et annoncée en début de semaine par Mohamed Ouadjaout, ministre de l’Education, sont loin de tomber. Et pour cause, après les syndicats autonomes du secteur, le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale (Sien) prend le relais, allant jusqu’à interpeller le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour l’annuler. «Au moment où nous attendions, d’une part, la publication des textes organisant et gérant la rentrée scolaire 2020-2021 qui se présentera dans la continuité de la propagation de la pandémie de Covid-19, et d’autre part, l’annonce des résultats du baccalauréat, nous avons été surpris par l’annonce du ministère de l’Education nationale concernant la baisse de la moyenne minimale de réussite à 9/20, et ce, malgré notre refus clairement exprimé lors de la rencontre du 10 octobre en cours quant à la baisse des moyennes exigées pour les passages aux niveaux supérieurs des différents cycles scolaires», s’est indigné Rabie Chalabi, secrétaire national du Sien, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Aussi, le SG du Sien, à l’égard de l’opinion publique, affirmera que «cette décision est une décision unilatérale, improvisée et irréfléchie, malgré la prétendue ouverture et l’élargissement du dialogue avec les partenaires sociaux affichés par la tutelle». Mieux, il ira même jusqu’à  s’interroger sur «les motivations mêmes et arrière-pensées qui se cachent derrière cette décision». Qualifiant de «fourbes et trompeuses» les raisons invoquées par la tutelle pour la prise de cette décision (la pandémie de covid-19 en l’occurrence), d’après lui, «il est inconcevable de se cacher derrière la pandémie de coronavirus», d’autant plus que «les sujets présentés durant l’examen du baccalauréat se sont limités aux premier et au deuxième trimestres et  que  toutes  les conditions  étaient  réunies  pour  la réussite de l’examen, déclarations officielles à l’appui». Et de rappeler, dans ce contexte, les multiples mises en garde du Sien «contre une quête d’une paix pédagogique» qui se fera «au détriment de la qualité de l’école à laquelle nous aspirons». Il considère ainsi que «ce genre de décisions irresponsables ne font qu’encourager la consécration de la médiocrité dans le secteur de l’Education et enfoncer davantage le niveau de l’enseignement et sa crédibilité».  Au demeurant, conclura le SG du SIEN, «le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale rejette de fond en comble cette décision de laquelle il dégage, vis-à-vis de l’opinion publique, toute responsabilité tout en endossant les conséquences de cette décision aux responsables qui l’ont portée». Et au Sien de lancer «un appel au président de la République pour une prompte intervention en vue d’annuler et de stopper ceux qui se jouent de l’école algérienne et de l’avenir du pays».

Pour rappel, dimanche, en marge de la deuxième journée d’une rencontre programmée avec les partenaires sociaux du secteur, le ministre de l’Education nationale a affirmé que pour cette session du baccalauréat 2019-2020, dont les épreuves se sont déroulées du 13 au 17 septembre derniers, «tous les candidats qui obtiennent une moyenne de 9/20 seront considérés comme admis», et ce, «en raison et dans le cadre des mesures exceptionnelles accompagnant les décisions prises en corrélation avec la propagation de la pandémie de Covid-19». Ce qui a immédiatement déclenché le courroux  des syndicats qui ont  dénoncé une «mascarade».

Lynda Naili 

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