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mardi 3 août 2021

Avancée

Alors que les observateurs politiques scrutent une possible candidature du journaliste Eric Zemmour, classé plutôt très à droite, à la prochaine élection présidentielle française, du côté de la gauche, Anne Hidalgo, la maire de Paris, semble, elle, de plus en plus décidée à tenter sa chance dans la course à l’Élysée malgré des sondages peu enthousiasmants. Hidalgo continue ainsi d’envoyer des signes sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2022. Dans un entretien fleuve au journal «Le 1 hebdo», l’édile socialiste de Paris explique vouloir «proposer une autre offre politique, afin de faire entendre une autre voix dans le débat public». Un pas de plus pour celle qui disait simplement jusque-là qu’elle «prendrait sa part» pour la reine des élections. «J’aime mon pays. Si des actes forts ne sont pas posés maintenant, on ne laissera ni à nos enfants, ni à nos petits-enfants la capacité de dessiner le monde qu’ils veulent», souligne la maire, rappelant l’urgence face au «basculement climatique». Anne Hidalgo juge aussi que «les inégalités sont aujourd’hui si criantes que cela peut générer du chaos dans la société». «Cela m’invite à agir pour mon pays», explique-t-elle. «Il faut retourner parler politique, et d’une façon qui ne soit pas partisane. Il faut faire gagner le pays, pas un parti», insiste la socialiste qui enchaîne les déplacements dans plusieurs villes ces derniers mois. Sans surprise, Hidalgo lâche ses coups contre Emmanuel Macron, son potentiel rival en 2022. «Je suis frappée de voir qu’il y a eu beaucoup de coups de menton et d’effets de manche, mais peu d’exercices où la noblesse du politique serait revenue. Poser des options, en débattre, les mettre en œuvre en entraînant les Français, je n’ai pas vu ça». Dans les différents sondages, le chef de l’État français distance cependant nettement la socialiste au premier tour, recueillant entre 25 à 28 % des intentions de vote contre 6 à 8 % pour l’édile de la capitale. Cette dernière prône également l’arrivée d’une femme à l’Élysée, ce qui serait une première en France. «Je suis convaincue qu’une femme peut changer le rapport au pouvoir. Ce serait ça la disruption totale», estime-t-elle. Anne Hidalgo tient à souligner «la complexité» que rencontrent les femmes pour se faire entendre en politique. «Les femmes politiques de ma génération ont trop souvent été considérées comme illégitimes. Nous devions faire nos preuves plus que les hommes. On nous le rappelait régulièrement. Nous n’étions pas supposées incarner l’autorité, le pouvoir, la compétence. Par définition, les femmes n’avaient pas les épaules assez solides», déplore-t-elle. Toutefois, ses résultats dans les sondages la laissent pour le moment très loin du second tour de la présidentielle, auquel une autre femme pourrait accéder, Marine Le Pen. Cette dernière, toujours aussi élevée dans les sondages, est pour l’instant la seule femme capable de prétendre sérieusement à l’Élysée. Mais il n’est pas sûr que Hidalgo salue cette avancée dans le cas de la présidente du Rassemblement national.

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