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vendredi 4 décembre 2020

Aux Etats-Unis la bataille postélectorale s’envenime

Cela fera bientôt trois semaines que la présidentielle américaine s’est tenue, et rien qui annonce de la part de Donald Trump une reconnaissance prochaine de sa défaite devant Joe Biden. Bien au contraire, le président sortant, par la bouche notamment de son avocat personnel Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, crie plus que jamais à la fraude massive dont il aurait été victime dans la foulée du scrutin du 3 novembre. La longue et singulière conférence de presse de Giuliani d’il y a trois jours, où pour la première fois Joe Biden a été décrit non plus seulement comme le bénéficiaire mais comme le chef d’orchestre de la fraude, ne laisse aucun doute quant au fait que cette reconnaissance n’aura pas lieu. Il n’y aura pas la traditionnelle passation de pouvoir entre l’ancienne administration et la nouvelle. Pas même selon toute apparence une simple rencontre entre Trump et Biden, comme il avait pu y en avoir une entre Obama et Trump, qui pourtant ne débordaient pas de sympathie l’un pour l’autre. En fait, on ne sait même pas ce qui se passera d’ici le 20 janvier, le dernier jour de Trump à la Maison-Blanche. Bien que les premières actions en justice contre la fraude aient tourné court, on ne peut préjuger de la suite.

D’autres sont en préparation par l’escouade d’avocats placés sous les ordres de l’ancien maire de New York, dont on ne peut exclure qu’elles aboutissent, pour certaines d’entre elles tout au moins. Or il suffirait qu’une seule obtienne gain de cause pour que la victoire tout de même confortable de Biden s’en trouve non pas nécessairement compromise mais en tout cas écornée. Les républicains se saisiraient de ce cas, aussi limité qu’il soit, pour mettre en doute l’intégrité de l’élection dans son ensemble. Les démocrates croient se garantir contre ce scénario en faisant valoir dès à présent qu’en tout état de cause une ou plusieurs irrégularités isolées, comme il s’en produit toujours, ne sauraient mettre en cause le résultat final de l’élection. Ce n’est pas ainsi que l’entendent leurs adversaires, dont tout indique qu’ils se contenteraient d’un seul cas de fraude avérée pour s’estimer confortés dans leur accusation de fraude massive, et pour vouloir plus que jamais porter l’affaire devant la Cour suprême, où une majorité de juges appartient à leur camp. Dans son étonnante conférence de presse de jeudi dernier, Giuliani a fait état de plusieurs centaines d’attestations sur l’honneur faites par des témoins de la fraude, largement donc de quoi apporter la preuve de celle-ci. Ce que lui et son équipe sont en train de tenter, c’est de faire en sorte que les résultats en faveur de Biden ne soient pas certifiés là où les autorités locales sont républicaines. C’est ainsi que Trump invite à la Maison-Blanche celles du Michigan, dans le but déclaré d’obtenir d’elles qu’elles reviennent sur leur première décision donnant Biden comme le vainqueur. Ses chances ne semblent pas grandes, pour autant elles ne sont pas nulles. Dans la bataille en cours, tout reste possible, bien que la messe semble d’ores et déjà dite. Un retournement de conjoncture n’est pas à exclure, en tout cas d’ci le vote des grands électeurs, fixé pour le 14 décembre. En janvier, deux sénatoriales partielles sont programmées dans l’Etat de Géorgie desquelles dépend la majorité au Sénat. Si elles sont remportées par les républicains, leur défaite à la présidentielle s’en trouvera nettement amoindrie. Leur campagne actuelle visant à délégitimer Biden par avance est faite également dans cette optique.

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