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Commentaire Par Fouzia Mahmoudi 01/06/2020

Escalade  

 L’on imagine mal comment la situation entre la Chine et les États-Unis va évoluer dans les semaines et mois à venir, tant les rhétoriques utilisées par les deux nations semblent aujourd’hui excessives et inhabituelles. Toutefois, si l’on retient que les liens diplomatiques se sont complètement détériorés à l’occasion de la crise sanitaire liée à la pandémie Covid-19, l’on ne doit pas oublier que cela fait plusieurs années déjà que le ton était monté entre Washington et Pékin. D’ailleurs, le premier tweet de Donald Trump concernant la politique extérieure qu’il appliquerait une fois à la Maison-Blanche après sa victoire en novembre 2016 avait été pour mettre en garde la Chine que les rapports commerciaux entre les deux pays allaient changer. Et depuis le début de cette année Donald Trump n’a pas retenu ses coups face aux Chinois qu’il ne cesse d’attaquer frontalement. Après le Covid-19, le président américain a aujourd’hui trouvé dans la situation à Hong Kong une nouvelle raison pour haranguer l’Empire du Milieu. Le président républicain a en effet annoncé qu’il souhaitait mettre fin aux exemptions accordées à Hongkong dans le cadre de sa relation spéciale avec les États-Unis désormais remise en cause. La Chine «n’a pas tenu sa parole donnée au monde d’assurer l’autonomie de Hongkong», a assuré Trump. «C’est une tragédie pour le peuple de Hongkong, pour la Chine et pour le monde entier», a-t-il martelé. «Je demande à mon gouvernement de lancer le processus d’élimination des exemptions qui accordent à Hong Kong un statut spécial», a lancé Donald Trump. «Cette décision aura un impact sur l’ensemble des accords que nous avons avec Hong Kong», a-t-il ajouté, évoquant en particulier le traité d’extradition et certains privilèges commerciaux, avec cependant quelques exceptions. La rétrocession de Hong Kong s’est faite au nom du principe «un pays, deux systèmes» qui a permis au territoire de conserver des libertés inconnues en Chine continentale, en particulier une économie libre, une justice indépendante, la liberté d’expression et un Parlement partiellement élu au suffrage universel. Ces dérogations ont amené nombre de pays, comme les États-Unis, à voter des lois les autorisant à traiter Hongkong comme une entité commerciale distincte du régime autoritaire chinois. «Depuis des années, le gouvernement chinois se livre à l’espionnage pour voler nos secrets industriels», a-t-il dénoncé. À Hong Kong, le gouvernement local a laissé entendre qu’il y aurait une réaction. «Les sanctions ne sont pas toujours unilatérales et notre pays [la Chine] a dit que nous mettrions en œuvre des contre-mesures», a indiqué samedi son chef de la sécurité intérieure, John Lee. Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, mènent la fronde internationale contre le projet, lequel prévoit de punir les activités séparatistes et «terroristes», la subversion, ou encore l’ingérence étrangère dans le territoire autonome chinois. Ce texte de loi doit empêcher la répétition des manifestations monstres à Hong Kong en 2019 contre l’influence de Pékin, au départ pacifiques mais également marquées par des violences et du vandalisme. «Toute tentative d’utiliser Hong Kong pour interférer dans les affaires internes de la Chine est vouée à l’échec», a insisté l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun. Ainsi, il semblerait que les États-Unis et la Chine soient bel et bien en train de se diriger vers une guerre froide comme l’avait prédit le ministre chinois des Affaires Étrangères, Wang Yi, il y a quelques jours, et qu’aucun des dirigeants des deux grandes puissances ne soit prêt à désamorcer la situation, bien au contraire, chaque nouvelle déclaration officielle de part et d’autre ne faisant qu’exacerber les antagonismes.


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