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Alger
jeudi 6 octobre 2022

Au nom de la communauté nationale

S’agissant de la France, l’Algérie n’a au fond guère le choix : en toutes circonstances il lui faut rechercher les meilleures relations avec elle, car elle est le pays où vit la plus grande communauté nationale à l’étranger. Le département d’Etat chargé des relations avec le monde extérieur porte le nom complet de «Ministère algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger». Là où il y a des Algériens, là est son devoir. On peut choisir son avenir, on ne choisit pas son passé, on ne peut que s’y faire, passer avec lui une sorte de pacte de non-agression, dans la mesure où il n’a pas l’intention de renaître de ses cendres. La France appartient avant tout au passé de l’Algérie. Mais tant qu’il y aura des Algériens en France attachés à leur pays d’origine, il y aura pour la France un avenir en Algérie, évidemment d’une toute autre nature que le passé qu’elle s’y est donné par la force brute. Il viendra peut-être un jour où le nom d’Algérien sera donné à tous ceux qui en France, quelles que soient leurs origines, voient encore dans l’Algérie leur véritable pays. De toute façon, il ne peut y avoir de réconciliation que sous le drapeau algérien.

Le Président Tebboune n’aurait jamais adressé une invitation à un chef d’Etat étranger qui, il n’y a pas si longtemps, se demandait publiquement et perfidement si la nation algérienne existait réellement avant une certaine invasion, si ce chef d’Etat n’était pas celui d’un pays où est installée une forte communauté nationale. La crise a quand même été sérieuse, puisqu’il y a eu rappel de l’ambassadeur à Paris et que ce dernier est resté absent de son poste pendant trois mois. Il ne serait même pas exagéré de parler en l’espèce de petite rupture. Elle aurait été bien plus longue, sinon définitive, avec tout autre président que celui de la France. Evidemment, ce président ne se considère pas comme un homme du passé et de ses passifs. Il se voit au contraire en faiseur d’avenir, aussi bien pour la jeunesse des pays africains ayant appartenu à l’empire que pour la jeunesse algérienne. C’est le message qu’il est allé porter à la jeunesse du Cameroun et du Bénin, lors de sa petite tournée en Afrique le mois dernier. Une parole insistante qui visiblement n’a pas été beaucoup appréciée par ses hôtes officiels, pour qui c’est à eux de se soucier de l’avenir de leur jeunesse, pas à lui. Le président français va vouloir sûrement se réunir à des jeunes algériens, leur prêcher sa foi en l’avenir et en leurs capacités, un peu comme s’ils étaient des citoyens français. Il ne pourra s’en empêcher, c’est plus fort que lui. Personne ne se conçoit comme le représentant du passé, c’est humain. Reste que du côté algérien, ce qu’on espère de lui en premier, c’est qu’il révèle où les militaires français ont caché les déchets de leurs 13 essais nucléaires effectués dans le Sahara. Macron a déjà fait bonne impression lorsqu’à la veille de son premier mandat, il a déclaré que la colonisation était un crime contre l’humanité. Si au cours de la visite qui commence aujourd’hui, il en vient à révéler l’emplacement de ces déchets mortifères, il sera encore plus apprécié par les Algériens dans leur ensemble. Il aurait fait le nécessaire pour que les voix de la communauté nationale lui soient acquises si d’aventure il lui prenait envie de dissoudre et d’appeler à de nouvelles législatives, celles de juin dernier n’ayant pas tenu toutes leurs promesses.

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