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jeudi 25 avril 2024

Au Michigan le vote «uncommitted» plus important que prévu

Sans surprise, les primaires du Michigan d’avant-hier ont été remportées largement par Joe Biden et Donald Trump, ce dernier en particulier infligeant à cette occasion une défaite encore plus grande à Nikki Haley que lors de la précédente échéance tenue récemment en Caroline du Sud. Il se trouve que le Michigan est l’un des «swing states», c’est-à-dire des Etats non acquis par avance à tel ou tel camp, et qui de ce fait même ont le dernier mot dans l’élection présidentielle. On peut même dire qu’il en est le modèle, celui qui traditionnellement retient le plus d’attention au moment du décompte final, même si bien sûr d’autres Etats sont suivis eux aussi de près. La particularité du Michigan c’est qu’il compte la plus grande communauté arabe et musulmane des Etats-Unis, qui majoritairement vote démocrate. Lors de la présidentielle de 2020, son vote en faveur de Joe Biden avait été décisif dans sa victoire sur Donald Trump. En 2016, c’est ce dernier qui avait remporté l’Etat, probablement parce qu’il concourait alors contre Hillary Clinton, une politique peu appréciée de cet électorat. Tout l’intérêt de cette primaire résidait dans le vote dit «uncommitted», c’est-à-dire non-engagé, (non-engagé dans la réélection de Biden), un choix défendu par la communauté arabe en signe de protestation contre le soutien de Biden à Israël dans sa guerre contre Ghaza.

Le Michigan est un des Etats où l’électeur n’est pas obligé d’opter aux primaires pour l’un des candidats en lice, ayant la possibilité de se «désengager», tout en voyant son bulletin pris en compte à ce titre. Ces voix sont comptées, et si elles sont suffisamment nombreuses, elles sont créditées d’un nombre équivalent de délégués qui les représenteront à la convention démocrate, convoquée à la fin des primaires pour désigner le candidat ou la candidate à la présidentielle qui vient. La communauté arabe fait campagne pour obliger Biden à mettre fin à sa politique de soutien inconditionnel à Israël, dans le contexte d’une guerre qui dès le départ a pris des allures de génocide. Biden et l’appareil du parti tablent sur son rejet en quelque sorte viscéral de Trump pour bénéficier de son appui au bout du compte. Sans la guerre à Ghaza, c’est pour Biden qu’elle aurait voté, ne serait-ce que par aversion pour Trump. La guerre, ou plutôt le génocide auquel elle donne lieu, change la donne. Au Michigan comme ailleurs, notamment dans des Etats où vivent d’importantes communautés arabes et musulmanes, dont certains sont des swing states, comme la Géorgie et la Pennsylvanie, eux aussi des Etats très disputés, les voix arabes et musulmanes ne se porteront pas sur Biden, si non plus elles n’iront pas à Trump. Elles s’abstiendront, non pas toutes sans doute, mais dans leur majorité, à moins que Biden revoie son soutien total à Israël, et appelle sans plus tarder à un cessez-le-feu immédiat et définitif, ce à quoi il se refuse toujours. Mais pour le sanctionner au Michigan et ailleurs, nul besoin de voter pour son concurrent, il suffit de ne pas voter pour lui le moment venu. Déjà sans la guerre, et la division qu’elle suscite chez les démocrates, la réélection de Biden n’était pas assurée. Mais maintenant que non seulement les démocrates aux origines arabes et musulmanes, des millions de voix avec un penchant démocrate prononcé, mais des démocrates venant d’autres horizons sont révulsés par l’attitude de leur pays, cette réélection l’est encore moins.

 

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