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jeudi 25 avril 2024

Au deuxième anniversaire de la guerre, les Russes prennent Avdiivka

 

Les Russes, dont l’étau n’a cessé de se resserrer sur Avdiivka à l’ouest de Donetsk depuis plusieurs mois déjà, semblent avoir exprès attendu le deuxième anniversaire de leur invasion de l’Ukraine, lequel tombe aujourd’hui, pour arracher cette épine enfoncée dans leur flanc depuis maintenant plusieurs années. La particularité d’Avdiivka, c’est qu’elle forme un saillant, une pointe avancée, en hauteur de surcroît, d’où l’artillerie ukrainienne avait à sa portée la ville de Donetsk, capitale de l’oblast du même nom, annexé par la Russie. Si celle-ci n’a pas lésiné sur les moyens pour la reprendre, c’est qu’à ses yeux la position non seulement n’était pas dénuée d’intérêt, mais revêtait une véritable valeur stratégique. On peut du reste en dire autant des Ukrainiens, qui l’ont tenue et défendue aussi longtemps qu’ils ont pu, cela depuis 2014, mais avec un plus grand acharnement ces derniers mois. Ils ont fait preuve dans cette bataille d’un entêtement supérieur à celui des Russes. C’est qu’il leur en fallait pour résister aussi longtemps tout en manquant de munitions. Mais cela n’a pas empêché leurs alliés occidentaux de minimiser la perte subie, recourant ce faisant au même argument spécieux que lors de la prise de Bakhmout, en octobre dernier, comme quoi Avdiivka ne comportant pas en soi une valeur stratégique, sa perte n’aurait  pas de conséquence réelle sur l’issue de la guerre, qui ainsi reste indécise. De même qu’à Bakhmout, explique-t-on, ce qui en réalité a le plus compté pour les Ukrainiens, c’est de fixer un maximum de forces russes, en vue de leur infliger le plus de pertes possibles. Selon cette même pseudo analyse, les Russes ayant laissé sur le carreau des centaines et des milliers de leurs hommes, au point qu’à la fin  pour avancer ils avaient dû marcher sur leurs cadavres, ce ne serait pas tordre le cou à  la réalité que d’affirmer qu’en l’occurrence la mission que les Ukrainiens s’étaient assignée a été magnifiquement accomplie. Or il existe une grande différence dans la façon dont les deux batailles s’étaient terminées. De Bakhmout en effet les Ukrainiens s’étaient retirés relativement en bon ordre, ne laissant quasiment rien derrière eux. A Avdiivka, c’était la débandade au contraire, le sauve-qui-peut, suite à un ordre d’évacuation donné au dernier moment, alors que l’étau russe se refermait. C’est ainsi que les blessés ont été abandonnés à l’ennemi. Les prisonniers pour leur part  se comptent par centaines, peut-être même par milliers, le nombre n’ayant pas encore été révélé. Réagissant à l’événement, Le président américain  a attribué le désastre, pourtant annoncé depuis des mois, au refus de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, de voter la nouvelle aide à l’Ukraine. Comme La majorité dans la Chambre n’a pas changé, ce retard peut encore se prolonger quelque temps. De plus, la campagne électorale battant son plein, la plus dure à tous égards dans toute l’histoire des Etats-Unis, les chances que les républicains reviennent bientôt à de meilleurs sentiments ne sont pas particulièrement grandes. Comme par hasard, il n’est plus question dans les médias occidentaux, de la principale cause de l’abandon d’Avdiivka, à savoir l’échec de la contre-offensive ukrainienne lancée au printemps dernier. Si celle-ci avait été le succès promis au départ, ce sont les Russes qui auraient battu en retraite ici ou là sur la ligne de front. C’est eux qui dans ce cas précis se seraient repliés sur Donetsk, dans l’intention de lui faire rempart.

Mohamed Habili

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