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vendredi 1 juillet 2022

Attentes

Il y a quelques mois Ségolène Royal, candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle française en 2007, avait déclaré que la présence d’Anne Hidalgo, actuel maire de Paris, dans la course à l’Élysée était une erreur stratégique de son ancienne famille politique. Elle estimait en effet qu’il était préférable pour le PS de rester en retrait de cette présidentielle plutôt que de risquer de se ridiculiser et de faire définitivement imploser le mouvement avec un score encore plus bas que celui de Benoit Hamon en 2017 (6%). Un conseil qui n’a pas été pris en considération. Pourtant, peut-être l’ancienne ministre de François Mitterrand avait-elle raison alors que l’édile de Paris a finalement récolté 1,75% des voix lors du premier tour du scrutin dimanche dernier. Un score humiliant pour la mairesse comme pour le PS qui doit trouver un moyen de se reconstruire rapidement s’il ne veut pas finir par disparaitre. Mais cela n’est pas la position de tous certains estimant même que le parti a fait son temps et qu’il est l’heure pour lui de « disparaitre ». Dans une interview publiée mercredi, l’ex-Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis appelle lui le PS à se dissoudre et le Premier secrétaire actuel Olivier Faure à démissionner, pour permettre « la création d’un autre parti », après l’échec cuisant d’Anne Hidalgo à la présidentielle. Le socialiste estime que le parti doit « annoncer, lors du prochain conseil national du 19 avril, qu’on changera tout », et « annoncer la tenue, à l’automne, d’un congrès d’autodissolution pour la refondation ». Le Premier secrétaire actuel du PS, Olivier Faure, qui a pris la suite de Jean-Christophe Cambadélis en 2017, « doit annoncer qu’il va démissionner (…). Cela serait une bonne chose pour son élection législative et aussi pour la crédibilisation de la refondation », estime Cambadelis. « Il faut une refondation et la création d’un nouveau parti, un parti social-démocrate et populaire », insiste l’ex-Premier secrétaire, qui a lancé fin mars un « pôle social-démocrate » destiné à « rassembler les énergies pour un changement majeur à gauche après les élections » présidentielle et législatives. Concernant le score de 1,75% de la maire de Paris, il estime que « le PS et la candidate Anne Hidalgo n’étaient pas prêts. Le courage ne peut pas tout. Anne Hidalgo ne pouvait pas changer le plomb du PS en or de l’espoir ». Jean-Christophe Cambadélis considère que « ce n’est pas Mélenchon qui est responsable de notre score, c’est nous qui sommes responsables du score de Mélenchon. Tant que nous ne nous serons pas refondés, Jean-Luc Mélenchon semblera un moyen de défendre l’honneur de la gauche ». Pour les prochaines élections législatives, Cambadelis juge « l’union improbable mais la division impossible car ce serait l’auto-élimination ». « Si Marine Le Pen gagne, il faut un front uni des gauches, un candidat commun par circonscription. L’objectif, c’est la cohabitation. Si Emmanuel Macron gagne, ce que je souhaite, c’est la nature de l’opposition qui est en jeu. Soit une opposition frontale, soit une opposition responsable. Pour cela, il vaut mieux décider à la base, au cas par cas en laissant faire les fédérations », juge-t-il. Une refondation totale du parti pourrait ne pas être une mauvaise option lorsque l’on sait qu’en 2017 déjà les électeurs avaient envoyés un signe très fort aux instances du PS. Faudra-t-il donc raser le mouvement pour construire quelque chose de neuf pour retrouver une légitimité ou les français ont-ils en toute conscience, décidés que ce parti ne répondait tout simplement plus à leurs attentes.

Fouzia Mahmoudi

 

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