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mercredi 22 mai 2024

Assurance

Cela fait désormais plus de dix-huit mois que la guerre en Ukraine a débuté et le président Volodymyr Zelensky, soutenu par l’Occident, se positionne toujours aussi férocement contre toute idée d’accord pouvant mettre fin aux combats. Le dirigeant ukrainien refuse toute compromission et compte sur l’aide occidentale pour continuer à combattre les troupes russes. Et si pour les occidentaux Vladimir Poutine représente aujourd’hui une menace non seulement pour l’Ukraine mais pour le reste du monde, ailleurs l’on se montre plus mesuré et surtout plus ouvert au dialogue. Le président brésilien a ainsi assuré que le chef du Kremlin recevrait une invitation à se rendre à Rio en 2024 malgré le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Le président russe ne sera pas arrêté s’il se rend au prochain sommet du G20 organisé en 2024 à Rio de Janeiro, a affirmé le chef de l’État brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. Au cours d’un entretien diffusé samedi soir sur la chaîne télévisée indienne Firstpost, Lula a assuré que le chef du Kremlin recevrait une invitation à se rendre dans la ville brésilienne malgré le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) émis en mars, qui l’accuse de crimes de guerre pour la déportation d’enfants ukrainiens. «Je peux vous dire que si je suis président du Brésil et s’il vient au Brésil, il n’y a pas de raison qu’il soit arrêté», a déclaré Lula en marge du Sommet du G20 organisé ce week-end à New Delhi. Le Brésil est signataire du Statut de Rome de 1998, le traité international qui a entraîné la création de la CPI en 2002, et devrait donc théoriquement arrêter le président russe s’il entrait sur son territoire. Le Kremlin dément les accusations de la CPI, jugeant que le mandat d’arrêt contre le dirigeant russe est «nul». Vladimir Poutine n’assiste pas ce week-end à la réunion du club des grandes économies développées et émergentes mondiales, comme en 2022 à Bali, mais y est représenté par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le dirigeant brésilien a rappelé au cours de l’entretien qu’une réunion des dirigeants des Brics, bloc de pays émergents comptant notamment le Brésil et la Russie, aurait lieu en territoire russe avant la prochaine rencontre des dirigeants du G20. «Tout le monde va se rendre (au sommet) des Brics, alors j’espère qu’ils viendront au sommet du G20 au Brésil. Au Brésil, ils sentiront une atmosphère de paix», a assuré Lula. «Nous aimons bien prendre soin des gens. Alors je pense que Poutine peut se rendre facilement au Brésil», a-t-il ajouté. Massivement encouragé par les Occidentaux lors des dernières élections présidentielles qui l’ont opposé à Jair Bolsonaro, Lula choisit ainsi de ne pas se plier à la doxa américaine et européenne concernant le président russe, préférant suivre sa propre ligne. En avril dernier, il demandait même à Washington de cesser d’«encourager» la guerre lors d’une visite en Chine. Le Brésil et la Chine veulent s’afficher en puissances médiatrices du conflit en Ukraine. Ainsi, loin du manichéisme occidental, d’autres grandes nations tentent de leur côté de promouvoir la paix plutôt que de financer la guerre à coups de milliards de dollars. Reste à voir si d’ici à 2024 ce conflit armé sera toujours d’actualité, et surtout quelle influence aura la prochaine élection américaine (fin 2024) sur le soutien et le financement de l’effort de guerre ukrainien.

F. M.

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