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dimanche 14 août 2022

Asile

En 2006, est créée la plateforme Wikileaks qui met à disposition du grand public des millions de documents confidentiels émanant de différents États, notamment des États-Unis. Près de 400 000 rapports militaires couvrant la guerre en Irak de 2004 à 2009 et en Afghanistan sur la même période sont ainsi divulgués. Ils recensent, entre autres, le nombre exact de civils tués en Irak et détaille les tortures perpétrées par la police et les militaires sur les prisonniers. De nombreux crimes de guerre sont aussi explicités. Publiés le 22 octobre 2010, ces documents sont répertoriés et classés dans un site web conçu par Wikileaks, mettant Washington dans une situation très délicate et suscitant la colère des responsables politiques et militaires américains, prêts à tout pour mettre la main sur le fondateur le plus célèbre de Wikileaks, Julian Assange. Depuis, la Maison-Blanche n’a eu de cesse d’essayer de mettre la main sur le journaliste et est finalement sur le point de réussir suite à la décision du gouvernement britannique d’extrader l’activiste, incarcéré au Royaume-Uni depuis 2019, a indiqué la Haute Cour de Londres. Le fondateur de Wikileaks a fait appel vendredi 1er juillet, mais il se pourrait bien que cette fois-ci les Américains réussissent bel et bien à mettre la main sur l’homme qui les a humiliés aux yeux du monde. L’Australien de 50 ans est poursuivi aux États-Unis où il risque 175 ans de prison pour la fuite massive de documents confidentiels. Après un long bras de fer judiciaire à rebondissements, la ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, a signé le 17 juin un décret d’extradition. Julian Assange, détenu depuis trois ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh, près de Londres, avait jusqu’à vendredi pour interjeter appel. La justice britannique a confirmé qu’une «notification de Julian Assange pour faire appel de la décision du Home Office de l’extrader a été reçue». Vendredi, en amont du 51e anniversaire aujourd’hui de Julian Assange, quelques dizaines de ses soutiens, dont sa femme Stella Assange qu’il a épousée en mars, se sont rassemblés devant le ministère de l’Intérieur pour protester contre la décision d’extradition. Ils sont ensuite montés dans un bus londonien et ont fait un petit tour dans le centre de la capitale britannique en criant «Free Julian Assange now» (Libérez Julian Assange maintenant). Si l’autorisation de faire appel est accordée, l’audience pourrait ne pas avoir lieu avant début 2023, avait expliqué mi-juin à l’agence de presse britannique PA Kate Goold, associée du cabinet d’avocats Bindmans et spécialisée dans les affaires d’extradition. Selon elle, Julian Assange pourrait aussi saisir la Cour européenne des droits de l’Homme, un processus susceptible de prendre plusieurs années. Reste que malgré les efforts continuels de ses soutiens et de ses avocats, la ténacité des Américains à lui faire payer l’humiliation qu’il leur a fait subir devrait le poursuivre encore longtemps même si cela devait s’étirer encore sur des années. Un temps, l’espoir de voir une grande nation offrir à Assange avait été envisagé comme la seule porte de sortie de l’activiste, mais à ce jour aucun pays ne veut froisser Washington en protégeant celui qui en 2006 était pourtant célébré comme un héros à l’échelle internationale.

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Le 14 Aout 2022

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