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samedi 3 décembre 2022

Asie du Sud-Est: Biden en Corée du Sud, son premier voyage présidentiel en Asie

Le président américain Joe Biden a atterri hier en Corée du Sud, pour son premier déplacement en Asie en tant que président, une tournée sur laquelle plane l’ombre d’un possible essai nucléaire nord-coréen.

L’avion Air Force One du président a atterri dans l’après-midi sur la base aérienne d’Osan, près de Séoul. Le dirigeant démocrate de 79 ans s’est immédiatement mis en route vers une usine de Samsung, le géant sud-coréen de la tech, à Pyeongtaek, au sud de la capitale, où il doit rencontrer pour la première fois le nouveau président Yoon Suk-yeol.

Pour Joe Biden qui, après la Corée du Sud, doit se rendre au Japon dimanche, la confrontation des États-Unis avec la Chine est le grand sujet géopolitique des années à venir. Les États-Unis estiment qu’il y a une « réelle possibilité » que la Corée du Nord procède « à un nouveau tir de missile » ou « à un essai nucléaire » pendant le voyage.

Malgré la récente vague de Covid-19 dans le pays, « les préparatifs d’un essai nucléaire sont terminés et ils ne cherchent que le bon moment » pour le réaliser, a déclaré le député de Corée du Sud Ha Tae-keung à la presse, citant des informations du Service national de renseignement de Séoul.

Hier, le président sud-coréen nouvellement élu Yoon Suk-yeol a déclaré à la presse que le voyage de Biden était une occasion de rendre « plus fortes et plus inclusives » les relations entre Séoul et Washington.

« Je suis convaincu que l’alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis, qui vise à défendre les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme, ne peut que s’améliorer à l’avenir », a-t-il tweeté quelques heures avant l’arrivée de M. Biden.

Joe Biden rencontrera les dirigeants sud-coréen et japonais, et participera à Tokyo à une réunion du Quad, ce format diplomatique qu’il se fait fort de relancer et qui rassemble les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie.

Les États-Unis veulent « affirmer l’image de ce que le monde pourra être si les démocraties et les sociétés ouvertes du monde se rassemblent pour dicter les règles du jeu », autour du « leadership » américain, a affirmé le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, pendant le vol à bord d’Air Force One.

« Nous pensons que ce message sera entendu à Pékin. Mais ce n’est pas un message négatif et ce n’est pas destiné à un seul pays », a assuré M. Sullivan. La Chine, et Taïwan, seront néanmoins dans toutes les têtes. Le directeur de la CIA Bill Burns a affirmé récemment que la Chine suivait « attentivement » l’invasion russe de l’Ukraine et en tirerait des enseignements sur « les coûts et les conséquences » d’une prise de contrôle par la force de l’île. La Maison Blanche a précisé que le président américain n’irait pas dans la zone démilitarisée entre les deux Corées –là où Donald Trump avait rencontré en 2019 le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, pour une réunion spectaculaire mais qui n’avait pas changé la trajectoire du régime.

L’administration Biden a plusieurs fois, en vain, dit qu’elle était prête à discuter avec la Corée du Nord, bien que cette dernière ait multiplié les tirs de missiles depuis le début de l’année.

Séoul et Washington s’attendent à ce que Pyongyang reprenne de façon imminente ses essais nucléaires, après en avoir conduit six entre 2006 et 2017.

Selon les services de renseignement américains, il existe une « réelle possibilité » que la Corée du Nord choisisse d’organiser une « provocation » après l’arrivée de Joe Biden à Séoul hier, a déclaré son administration avant son départ de Washington.

Cela pourrait signifier « de nouveaux essais de missiles, des essais de missiles à longue portée ou un essai nucléaire, ou carrément les deux », avant, pendant ou après la tournée de M. Biden dans la région, a indiqué Jake Sullivan.

Et ce alors que le pays fait face à une épidémie de coronavirus qui s’aggrave, le nombre de cas dépassant désormais 1,7 million selon la presse officielle.

Un essai nucléaire nord-coréen entraînerait « des ajustements à la posture de nos forces armées dans la région », a également déclaré Jake Sullivan.

Mais il a nié qu’un tel événement serait vu comme un revers à la diplomatie de Joe Biden. « Cela soulignerait l’un des principaux messages que nous envoyons lors de ce voyage, qui est, que les États-Unis répondent présent pour nos alliés et partenaires ».

 Mourad M.

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