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jeudi 30 juin 2022

Arts de la scène : Le Diwane et les danses traditionnelles à l’honneur

Le «Diwane, Sidi B’lel» et les «Danses traditionnelles et populaires» dans leur richesse et leur diversité, deux registres des arts de la scène, garants de la sauvegarde et la préservation du patrimoine culturel algérien, ont été présentés lundi à Alger.
Accueillies au Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique (Cnrpah), les deux rencontres, animées par le sociologue et anthropologue Salim Khiat et la spécialiste au Cnrpah en danses et chorégraphies, Houria Zoghbi, ont rappelé,
d’abord, la dimension subsaharienne et africaine de l’Algérie, à travers les thématiques «Diwane Sidi B’lel, expression rituelle et possession», et «L’influence du folklore et des danses traditionnelles dans le monde moderne».
Expliquant que le «Diwane Sidi B’lel» était «le livre d’histoire de l’Afrique ancienne», Salim Khiat a évoqué les maisons de La Casbah d’Alger, qui ravivaient la tradition ancestrale avec quelques nuances dans la pratique de leurs cérémonies respectives.
Répandu à l’Ouest, au centre et l’Est de l’Algérie, le «Diwane Sidi B’lel» comprend plusieurs genres de chants ancestraux, célébrant la connexion spirituelle du monde réel à l’univers irrationnel et invisible des esprits.
Le «Diwane Sidi B’lel» tend à garder le cachet africain à travers l’interprétation vocale et les rythmes transcendants, avec, cependant, un changement apporté au niveau du véhicule linguistique passé à l’arabe dialectal, en vue d’affirmer une filiation sacralisée au saint patron Sidi B’lel.
La spécialiste du Cnrpah en danses et chorégraphies, Houria Zoghbi, a quant à elle montré «l’influence du folklore et des danses traditionnelles dans le monde moderne», mettant en valeur les arts vivants, après avoir rappelé la convention de l’Unesco, établie en 2003, qui consacre la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Le manque d’archives de danses d’avant l’occupation française et d’études définissant le concept de la danse et ses nombreuses significations «physiques et morales» a été déploré par la conférencière, considèrant l’expression par le mouvement comme un acte «esthétique, de conviction et de spiritualité» et un «vecteur d’amélioration et de progrès» qui mène vers la «civilisation».
Notant que la culture et l’art occupent «une place prépondérante dans toutes les sociétés du monde», Houria Zoghbi a souligné l’importance des arts populaires, la danse traditionnelle notamment, dans la «préservation de l’identité nationale et la consolidation du sentiment d’appartenance».
Selon l’intervenante, l’expression par la beauté du geste et l’élégance du mouvement habille l’émotion d’un ensemble de valeurs autochtones qui appellent la rationalité du contenu et l’esthétique de la forme, constatant avec regret l’absence du souci de développer les danses algériennes pour les élever au rang de l’universalité.
La conférencière a ensuite cité les nombreux styles de danses traditionnelles et populaires, aussi riches les uns que les autres, qui auront été pour beaucoup des registres de sauvegarde et de préservation de la tradition ancestrale.
F. H.

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