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mardi 16 août 2022

Arme de destruction massive apanage des Etats-Unis

Si le retrait d’Afghanistan a été précipité, à ce point d’ailleurs qu’il a pris de court les membres de l’Otan autres que les Etats-Unis, lesquels auraient voulu opérer plus à leur aise, ce n’est évidemment pas parce que l’armée américaine avait peur d’être submergée par des Talibans supérieurs en nombre et en armement et surgissant de tout côté. Non, les troupes américaines appuyées par celles de leurs alliés étaient tout à fait capables de résister à l’offensive talibane. A supposer d’ailleurs que ce terme soit le bon pour décrire ce qui s’est passé réellement, et qui ressemble plus à une passation de pouvoir déjà convenue entre les protagonistes qu’à un assaut irrésistible de l’un d’eux. Il n’en restait pas moins que les Américains, eux bien plus que leurs alliés, qui par certains côtés n’étaient même pas dans le coup, devaient craindre quelque chose à leurs yeux de particulièrement périlleux pour faire aussi vite, et donner ainsi d’eux-mêmes un spectacle peu élogieux.

Quelle peut bien être donc cette crainte, si elle n’est pas inspirée par les Talibans ? Ce dont ils avaient une peur bleue en réalité, c’est de laisser passer l’opportunité qui s’offrait à eux de s’en aller sur-le-champ, laquelle fenêtre pourrait se refermer pour ne plus se rouvrir. Ce
n’était pas de refaire la guerre aux Talibans qu’ils avaient une aussi grande peur, mais de ne pouvoir après cela se retirer d’Afghanistan, et faire la paix avec eux. Serait-ce donc
qu’une révolution se soit opérée en eux pour qu’ils en soient arrivés là, à redouter si fort les guerres par-delà les mers ? Pour jurer que leur intervention en Afghanistan est la toute dernière ? Qu’à l’avenir à moins d’être attaqués sur leur propre sol, ils n’enverront leurs soldats verser leur sang nulle part dans le monde, quels que soient les différends qu’ils peuvent avoir avec tel ou tel Etat. Désormais pour eux, le seul casus belli, c’est l’attaque, terroriste, exécutée chez eux. Il n’y a aucune raison de ne pas les prendre au mot. On n’aurait même pas tort de dire qu’au contraire on a toutes les raisons de les croire. Le fait est que les Américains ont expérimenté ces derniers temps une arme plus efficace encore que toutes celles dont ils avaient usé jusque-là, dont l’emploi n’expose pas le soldat américain à se frotter physiquement à l’ennemi, avec le risque de se faire tuer. Avec cette arme, il n’y a de pertes humaines que du côté ennemi. Elle est aussi létale, et dissuasive, que l’arme chimique, biologique, ou atomique. C’est une arme de destruction massive, par conséquent, mais ce n’est pas elle qui tue directement. Autre indice, si on n’a toujours pas deviné de quoi il s’agit : son effet ne se fait pas sentir tout de suite, dès l’instant où elle atteint sa cible. Autre chose qu’il faut savoir : son rayon d’action, sa portée si l’on préfère, est sans limite. Elle va plus loin que n’importe quel missile balistique. Qui plus est : il n’existe aucun moyen de l’esquiver. Dès lors qu’elle est envoyée, elle fait mouche, où que se trouve sa cible, visible ou pas, à l’air libre ou enfouie au plus profond du sol. Enfin, c’est une arme dont seuls les Etats-Unis sont à même de se servir. Elle n’est pas exportable, ni aliénable, ni achetable, ni reproductible, ni chère ni bon marché, encore qu’il faille être la nation la plus riche pour en disposer. Elle est indissociable des Etats-Unis. Ou plus exactement de leur monnaie, le dollar, sans quoi il n’est pas de commerce international. Si après cela vous ne voyez toujours pas, c’est que vous êtes désespérant. Le fait est qu’avec une telle arme en leur seule possession, les Américains n’ont plus besoin d’intervenir militairement dans le monde. Ni même de faire la guerre, à moins d’être frappés chez eux. D’où leur fuite d’Afghanistan.

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