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lundi 26 septembre 2022

Argentine: L’inflation à 7,4 % en juillet, la plus forte depuis 2002

L’Argentine a enregistré en juillet une inflation de 7,4 %, qui constitue la plus forte hausse mensuelle depuis 20 ans et porte l’envol du coût de la vie à +46,2 % pour les sept premiers mois de 2022, sur fond de manifestations hebdomadaires sur le pouvoir d’achat.
L’indice de juillet communiqué par l’Institut national de la statistique (Indec) marque un bond notoire par rapport à celui de juin (5,3 %), et l’inflation cumulée sur un an s’établit désormais à 71 %, l’une des plus élevées au monde.
L’Argentine, troisième économie d’Amérique latine, est en proie à une inflation annuelle chronique à deux chiffres depuis deux décennies. En 2021, la hausse des prix avait atteint 50,9 %.
S’appuyant sur une solide reprise économique post-Covid (+7,4 % sur douze mois), le gouvernement avait espéré maîtriser cette dérive en 2022, en introduisant un surcroît de discipline budgétaire, un des points-clefs de l’accord avec le FMI en mars dernier sur le refinancement de la dette argentine. Mais le contrecoup du conflit en Ukraine, les tensions inflationnistes mondiales et une défiance continue envers le peso argentin ont douché ces espoirs.
Plusieurs économistes et consultants prédisent désormais un taux de 90 à 100 % pour 2022. Un mois de juillet particulièrement fébrile a accru cette volatilité, avec la démission surprise du ministre de l’Economie, architecte de l’accord avec le FMI, Martin Guzman, le bref intérim d’une économiste, puis la nomination il y a huit jours d’un politique plus expérimenté, Sergio Massa, ex-président de la Chambre des députés, pour tenter de rassurer les marchés.
Dans une économie de facto «bi-monétaire», où nombre d’Argentins pensent et économisent en dollars, le peso argentin a dégringolé en un mois de 220-230 à près de 295-300 pour un dollar. Les manifestations se multiplient de semaine en semaine pour réclamer des mesures sociales en faveur des plus vulnérables.
L’Argentine compte 37 % de pauvres officiellement mais aussi un dense maillage d’aides et d’organisations sociales sans réel équivalent en Amérique latine. Réclamant un doublement du salaire minimum à 105 000 pesos (744 dollars), plusieurs milliers de personnes ont ainsi manifesté sans incident mercredi à Buenos Aires, des centaines d’entre elles campant la nuit devant la Présidence, à l’appel d’organisations situées à la gauche du gouvernement (centre-gauche).
N. T.

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