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mercredi 29 juin 2022

Arctique: Retour de la plus grande expédition jamais menée au pôle Nord

Après un an d’exploration de l’Arctique, la plus grande expédition scientifique jamais menée au pôle Nord est rentrée hier à Bremerhaven, dans le nord-ouest de l’Allemagne, alertant sur la fonte de la banquise provoquée par le réchauffement climatique, ont rapporté des médias, citant l’Institut allemand Alfred-Wegener. «Le brise-glace Polarstern est de retour. J’ai des battements de cœur, j’ai tant attendu ce moment», a déclaré la directrice de l’institut, Antje Boetius, citée par des médias, alors que le navire regagnait son port d’attache accompagné d’une flotte de bateaux et d’un public matinal sur les quais. «Nous avons regardé comment la banquise se meurt en été», a expliqué le chef de l’expédition, Markus Rex, cité par des médias. Pour ce climatologue et physicien, le constat est sans appel. «Si le changement climatique se poursuit comme cela, alors dans quelques décennies, nous aurons un Arctique libéré des glaces durant l’été».
Lors des sorties sur la banquise pour y effectuer des mesures ou des prélèvements, toute l’expédition a pu constater cette évolution que le chercheur juge «impressionnante». «Directement au pôle Nord, nous avons trouvé (en été) de la glace fondue, mince, friable», a témoigné M. Rex, évoquant aussi «des surfaces d’eau liquide à perte de vue, jusqu’à la ligne d’horizon». Un diagnostic confirmé par des observations satellites aux Etats-Unis qui ont révélé que la banquise d’été avait fondu jusqu’à la deuxième superficie la plus petite jamais enregistrée, après 2012. (…) Au total, plusieurs centaines d’experts et scientifiques de 20 pays différents ont séjourné en se relayant sur le navire qui s’est laissé glisser avec les glaces selon la dérive polaire, ce courant océanique qui s’écoule d’est en ouest dans l’océan Arctique. Pour mener à bien les recherches, un camp a été établi, amarré à un morceau de banquise et composé de quatre stations scientifiques dans un rayon allant jusqu’à 40 km autour du bateau. Les experts ont récolté plus de 150 térabites de données ainsi que de nombreux échantillons de glace et d’eau. Ils promettent de livrer des informations précieuses pour comprendre «les processus complexes» en jeu au pôle Nord qui conduisent à un réchauffement climatique plus accéléré encore dans cette région que dans le reste du monde.

Imène N.

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