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vendredi 19 août 2022

Après la suppression de l’examen de 5e : Le «business» des cours de soutien en chute libre

Les cours de soutien scolaire ne suscitent plus un grand intérêt parmi les élèves de 5e, dont l’examen final a été supprimé par le ministère de l’Education nationale. De par le passé, la demande était importante, l’objectif étant de réussir cet examen officiel. Mais la donne semble changer depuis que la tutelle a annoncé, en novembre dernier, son annulation. Selon de nombreux enseignants, les élèves en 5e année primaire se contentent des leçons dispensées en classe et ne recourent plus aux cours supplémentaires payants, donnés en dehors des établissements scolaires. Durant les années précédentes, les parents d’élèves obligeaient leurs enfants à suivre ce genre de cours afin de multiplier leurs chances de réussite. Mais depuis son annulation, un grand nombre de familles se disent «soulagées», d’autant que ces cours coûtaient cher et mettaient à rude épreuve le budget des ménages. Faut-il préciser que ces cours de soutien, bien que destinés à des élèves de primaire, sont inabordables pour de nombreux parents. En fait, pour des cours en classe collective, les prix oscillent entre 1 500 et 2 000 DA par mois, alors que les cours individuels sont facturés 2 500 DA pour 1h30 minutes. Les tarifs en question représentent la moyenne appliquée, puisque l’on pouvait tomber sur des enseignants ou des écoles privées proposant encore plus ou un peu moins. Pour les parents, dont le seul souci est la réussite de leur progéniture, on ne pouvait surtout pas dire non à ce genre de cours «souvent inutiles» de l’avis de plusieurs enseignants. La majorité des pères et mères de famille, même s’ils ne disposaient que de peu de moyens, dépensaient sans compter pour que leurs enfants puissent maîtriser encore davantage le programme scolaire, en révisant, en présence d’un enseignant, à leur sortie d’école ou durant le week-end. Un rythme infernal dénoncé, des années durant, par de nombreux pédagogues. D’ailleurs, à l’annonce de la décision du ministère de l’Education nationale de supprimer l’examen de 5e (ex-6e), des syndicats et des psychologues étaient unanimes à exprimer leur satisfaction.
En fait, de par son caractère officiel, cet examen était qualifié de «déstabilisant» et «stressant» pour des enfants en bas âge. D’où d’ailleurs, les appels incessants à sa suppression par les syndicats et les professionnels de l’Education nationale. Mais à la problématique liée à l’aspect pédagogique, s’ajoute aussi le business qui venait de se greffer à cet examen officiel, qui concerne des centaines de milliers d’enfants. Ainsi, ces dernières années, l’on a assisté à l’apparition d’une sorte de business qui n’a pas tardé à susciter beaucoup d’inquiétudes. Outre les enseignants qualifiés et expérimentés qui donnaient des cours en dehors des horaires réglementaires, s’ajoutaient bien d’autres énergumènes qui avaient senti «l’affaire» et se sont mis de la partie en proposant leurs services. Souvent, des élèves ont dû réviser ou avoir des explications de leurs cours avec des personnes ne détenant la moindre pédagogie ou savoir-faire.
Aomar Fekrache

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