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mardi 27 septembre 2022

Appelant à vacciner la population pour parvenir à une immunité collective: Dr Yousfi : «Le confinement est plus qu’indispensable»

La situation est déjà grave et avec le variant Delta elle ne peut que s’aggraver davantage, alerte le Dr Mohamed Yousfi qui relève que les nouvelles mesures de confinement ne sont pas assez strictes pour faire face à la 3e vague de coronavirus.

Par Louisa Ait Ramdane

Le président de la Société algérienne d’infectiologie, Dr Mohamed Yousfi, fera remarquer qu’il faut au moins 3 semaines de confinement pour casser le rythme de contamination. «En tant que spécialistes, nous aurions aimé que la plage horaire du confinement soit élargie et que les activités et commerces non essentiels soient inclus», a-t-il expliqué sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. Il a regretté que «les appels répétés des professionnels de santé à l’adhésion de la population au respect des gestes barrières n’aient pas été entendus» et déploré aussi «l’absence de contrôle par les pouvoirs publics». Invité de la rédaction de la Chaîne 3, le président de la Société algérienne d’infectiologie en a appelé à la conscience et à la responsabilité collective pour aider les professionnels de la Santé à faire face à cette 3e vague. «La balle est dans leur camp», a-t-il dit, appelant la population au respect du protocole sanitaire et aux pouvoirs publics à faire respecter les dispositions légales.
Concernant la prise en charge des malades du Covid, le Professeur a estimé que tout le fardeau de la pandémie est pris par le secteur public. «Le secteur privé, la médecine universitaire, scolaire, du travail ou militaire, doivent venir en aide au secteur public», a-t-il suggéré, appelant, dans ce sens, les hautes autorités de l’Etat à mettre en place un cadre réglementaire qui oblige tous les acteurs à s’impliquer dans la lutte contre cette pandémie.
Il a cité l’exemple de l’hôpital de Blida. «L’hôpital de Boufarik est le plus touché en Algérie avec plus de 4 200 patients hospitalisés depuis plus d’une année», a-t-il témoigné. «Cela fait une année que nous demandons de l’aide médicale et paramédicale. Rien du tout. Ce sont pratiquement toujours les mêmes équipes qui sont mobilisées alors que d’autres peuvent venir les aider», a-t-il regretté.

«Avec le Delta, il faut vacciner 90 % de la population»
Dr Mohamed Yousfi fera savoir que «beaucoup de jeunes décèdent alors qu’ils ne présentent aucune maladie chronique», expliquant que cette situation est due aux «caractéristiques de ce nouveau variant, lequel demeure très contagieux». Pour Dr Yousfi, «la stratégie vaccinale dans le monde est en train de changer de manière à toucher les enfants de 12 ans, voire moins de cet âge, d’où la nécessité de vacciner 80 à 90 % de la population pour parvenir à l’immunité collective». Relevant qu’actuellement l’Algérie est loin de l’immunité collective qui est de 70 % au moins, l’invité de la radio a estimé que celle-ci ne peut être atteinte en Algérie que par la vaccination de pratiquement toute la population, soit 80 à 90 % des Algériens. «Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il faut vacciner pratiquement toute la population, soit 80 à 90% des Algériens pour parvenir à l’immunité collective», a-t-il expliqué. En ce sens, Dr Yousfi a estimé qu’il était «impératif d’accélérer l’opération de vaccination, ce qui laisse supposer qu’il faut acquérir encore beaucoup plus de doses pour aller rapidement vers l’immunité collective», recommandant, à ce titre, de «disposer de grands espaces, à l’instar des autres pays, afin d’accélérer l’opération de vaccination et de vacciner ainsi des centaines de milliers de personnes quotidiennement».
Concernant la réticence des professionnels de la Santé à se faire vacciner, Dr Yousfi a affirmé que la vaccination pour ce corps «doit être une obligation professionnelle», expliquant que «ceux qui exercent dans le secteur sont constamment dans le risque et transmettent aussi le virus à d’autres personnes». D’ailleurs, il a déploré que plusieurs d’entre eux «tombent malades ou décèdent car ils ne sont pas vaccinés, ce qui est inadmissible». Il dira que «le personnel de la Santé doit donner l’exemple en matière de vaccination».
Selon Dr Yousfi, qui est également président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), «plusieurs pays ont décidé ou envisagent de rendre obligatoire la vaccination pour le personnel de la Santé afin de mieux affronter la pandémie».

L’Algérie recevra 5 millions de doses du vaccin chinois par mois
Rassurant sur l’efficacité à 100 % des vaccins approuvés en Algérie contre le variant «Delta» dans la prévention des complications graves et jusqu’à 75 % de l’infection, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Fawzi Derrar, a révélé que la Chine s’engage à fournir à l’Algérie 5 millions de doses de vaccin Sinovac chaque mois.
«Un contrat avait été conclu avec le partenaire chinois pour fournir à l’Institut Pasteur 17 millions de doses de Sinovac, à raison de 5 millions de doses par mois. L’Algérie s’est procuré à ce jour près de 8 millions de doses de vaccins», a-t-il précisé.
Il a indiqué également que l’Algérie à, jusqu’à présent, acheté près de 8 millions de doses, dont 2,5 millions de doses ont été administrées. Invité de la radio Chaîne 1 de la Radio nationale, Derrar a estimé qu’«il est nécessaire de vacciner 80 % des citoyens pour vaincre le virus mortel», soulignant la disponibilité de quantités suffisantes de vaccins.
Pour lui, la seule solution pour faire face actuellement à la pandémie de Covid-19, notamment le variant Delta, est de vacciner le plus grand nombre possible de personnes, avertissant sur la capacité du variant Delta à se propager avec une prévalence actuelle de 71 %. Selon le directeur de l’Institut Pasteur, ce taux de propagation peut atteindre dans les prochains jours les 91%.
Cependant, il tient à s’exprimer sa satisfaction devant le taux élevé de vaccination dû à la forte prise de conscience de la gravité de la situation épidémiologique, soulignant, dans ce contexte, l’efficacité des vaccins adoptés en Algérie de 60 à 70 % contre l’infection et 100 % contre les complications graves.

Arrivée d’un premier lot de 1 050 concentrateurs d’oxygène en provenance de Chine
Un premier lot de 1 050 lots de concentrateurs d’oxygène est arrivé avant hier soir à la base militaire de Boufarik, indique un communiqué du MDN qui précise que d’autres lors ainsi que divers équipements médicaux arriveront dans les prochains jours.
Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’Etat a donné des orientations quant à la nécessité d’optimiser la gestion du stock et de production d’oxygène et l’adoption de la sérénité et du calme face à la forte affluence des patients lors des opérations de répartition de cette substance au niveau des services hospitaliers, d’autant que le taux d’occupation n’excède pas les 56 %. Il a également ordonné le lancement immédiat d’une opération d’envergure de maintenance et de rénovation des infrastructures et équipements d’approvisionnement en oxygène au niveau des établissements hospitaliers et l’acquisition immédiate d’unités mobiles de production d’oxygène en soutien aux grands hôpitaux, ce qui leur permettra d’autoproduire leurs besoins.

Plusieurs mesures prises pour une meilleure distribution de l’oxygène médical
Lors d’une réunion avec les principaux producteurs d’oxygène médical, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Djamel Lotfi Benbahmed, a instruit l’ensemble des producteurs à assurer une meilleure coordination avec la cellule de crise installé au niveau du Premier ministère, notamment en communiquant les quantités d’oxygène produites et livrées J et J-1, le planning de distribution à J+1, le recensement des besoins réels de chaque établissement de santé livré ainsi que la cartographie de leur clientèle.
Le ministre a également donné des orientations visant à garantir une meilleure organisation en termes de production de l’oxygène médical et sa distribution au niveau national.
Ainsi, les producteurs sont tenus d’optimiser les délais d’analyse de l’oxygène en collaboration avec l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, d’identifier un itinéraire de distribution de l’oxygène précis et définitif par chaque opérateur, d’externaliser la commercialisation des bouteilles d’oxygène des sites de production pour permettre une meilleure organisation logistique pour les livraisons des établissements de santé.
Les producteurs ont été instruits, lors de cette réunion, à l’effet de redoubler d’effort et d’assurer une mobilisation continue de leurs unités de production et de leurs équipes pour répondre à la forte demande en oxygène médical, selon le communiqué.
L. A. R.

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