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mardi 16 août 2022

Appel

Si le dossier israélo-palestinien, plombé par la présidence américaine de Donald Trump, a été largement mis de côté ces dernières années par les puissances occidentales, qui ont eu, par ailleurs, leur lot de problèmes à gérer, il semblerait que la situation au Proche-Orient recommence à intéresser l’Occident. Après la visite la semaine dernière de Joe Biden dans la région, c’est aujourd’hui le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui est en déplacement à Paris. Le président français Emmanuel Macron, qui a reçu le président de l’Autorité Palestinienne, appelle à cette occasion à une reprise des négociations de paix au Proche-Orient, rappelant que de nouvelles violences pouvaient éclater «à tout moment». Il a évoqué «la reprise du dialogue politique direct entre les Israéliens et les Palestiniens», aujourd’hui au point mort. «C’est un chemin exigeant, semé d’embûches, mais nous n’avons pas d’autres alternatives que de relancer nos efforts de paix», a-t-il estimé, reprenant des propos tenus il y a 15 jours devant le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid. «Une nouvelle spirale meurtrière peut s’enclencher à tout moment», a-t-il asséné, réclamant «la fin des mesures unilatérales», en référence aux «évictions de familles palestiniennes, aux démolitions, à la politique de colonisation (…) qui éloignent la possibilité d’un État palestinien vivant en paix aux côtés d’Israël». Mahmoud Abbas, pour sa part, a multiplié ces derniers temps les déplacements après deux ans de pause liée à la pandémie de Covid-19. Il s’est entretenu vendredi dernier à Bethléem avec le président américain Joe Biden qui menait sa première tournée au Moyen-Orient depuis son arrivée au pouvoir. Le président Abbas a dénoncé les «activités de colonisation, les meurtres et incursions quotidiennes» dont il accuse les forces israéliennes. «Nous voulons que cela s’arrête», a-t-il déclaré. C’est la première fois depuis septembre 2018 que Mahmoud Abbas est à Paris à l’invitation d’un président français. Le président palestinien a redemandé hier que la lumière soit faite sur la mort de Shireen Abu Akleh, journaliste américano-palestinienne tuée le 11 mai en couvrant une opération de l’armée israélienne en Cisjordanie. La reporter a été «tuée de sang-froid et sans raison», a affirmé le chef de l’État palestinien. «Qui a tué Shireen Abu Akleh ? Nous voulons qu’ils mettent la main sur le tueur», a-t-il ajouté. La visite récente du président Biden, qui s’est déclaré «sioniste» dès son arrivée, a été jugée décevante par les Palestiniens. Il a, certes, réitéré son soutien à la «solution à deux États» et déclaré qu’il devait y avoir «un horizon politique pour le peuple palestinien». Mais il a aussi affirmé que les conditions n’étaient actuellement pas réunies pour relancer le processus de paix, n’a proposé aucun plan de fond sur la question de l’occupation israélienne et n’a pas pris position sur l’expansion des colonies juives en Cisjordanie, territoire palestinien qu’Israël occupe depuis 1967. La France, habituellement en retrait sur la question du Proche-Orient, va-t-elle tenter de jouer les intermédiaires sérieux dans le conflit israélo-palestinien ou bien ne fait-elle que donner le change aux Américains, pour prouver peut-être à Washington que Paris reste une voix qui compte sur la scène internationale. Surtout après la débâcle de Macron dans le conflit russo-ukrainien, où son intervention aura été des plus inutiles.

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