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lundi 22 avril 2024

Anticoagulants, paracétamol, vitamines C et D… : La tension sur les médicaments persiste

Beaucoup de citoyens se ruent depuis l’augmentation des cas de contamination
sur certains médicaments entrants dans le cadre du protocole anti-Covid, ce qui a entraîné
des tensions sur certains produits comme le paracétamol, la vitamine C, la vitamine D et surtout les anticoagulants.

Par Thinhinane Khouchi

Comme il a été prédit par plusieurs spécialistes de la santé, le variant Omicron se propage à une vitesse incontrôlable. Grands et petits, sont tous touchés. Cette augmentation pousse, depuis quelques jours, les citoyens malades ou pas encore, à se ruer sur les médicaments entrants dans le cadre du protocole anti-Covid. Ces pratiques ont rapidement entraîné des pénuries et des tensions sur certains médicaments, notamment le paracétamol, la vitamine C, la vitamine D et surtout les anti-coagulants, des antibiotiques, des corticoïdes et des héparines tels que le Lovenox. Selon Samir ,pharmacien à Staouéli : «Depuis quelques semaines, on observe une augmentation des cas, mais surtout la propagation du phénomène d’automédication. En effet. Beaucoup de citoyens se présentent au niveau des officines pour demander des traitements anti-Covid sans ordonnance ni test qui confirme leur contamination». Il dira que «ces pratiques immorales nous ont poussé à refuser, dans certains cas, la vente de certains médicaments, notamment les vitamines C et D ampoule». De son côté, le Dr Abdelkrim Touahria, pharmacien et membre du Bureau national de l’Ordre national des pharmaciens avait indiqué à un média national que pour lui, cette ruée des Algériens sur les médicaments anti-Covid s’explique par plusieurs facteurs : le stockage, l’automédication, la spéculation et une certaine exagération dans les prescriptions médicales». Appelant les Algériens à la raison, le spécialiste rappelle «qu’il n’y a pas de traitement anti-Covid». Il recommande néanmoins d’avoir une boîte de paracétamol chez soi, assurant que le nouveau Omicron «n’est pas très grave. Il suffit d’avoir un petit repos et des vitamines. C’est largement suffisant». Par ailleurs,le Dr Touahria a pointé du doigt des médecins qui prescrivent d’une manière excessive et des pharmaciens qui délivrent des médicaments sans aucune prescription. «Ils ont également leur part de responsabilité dans cette tension sur les médicaments», ajoute-t-il. «Je déplore l’attitude de certains confrères (pharmaciens) qui dispensent ces médicaments, sachant qu’ils sont listés et devraient être dispensés uniquement et exclusivement sur prescription médicale», a-t-il souligné. Le spécialiste, qui dit parfois voir des gens arriver en pharmacie «en bon état général de santé», mais qui présentent des ordonnances comportant plusieurs antibiotiques, héparines et corticoïdes, se pose la question de la nécessité de telles prestations. Enfin, afin d’éviter toute pénurie, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a décidé d’injecter de nouvelles quantités dans le marché. Le responsable et président de l’observatoire de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutique, Reda Belkacemi, a confirmé, que la tutelle a décidé de donner le feu vert aux pharmacies pour effectuer le diagnostic et la détection du virus covid-19, et cela conformément aux ordonnances et directives du président de la République, concernant la fourniture de tests de détection de virus corona à grande échelle. Belkacemi a également annoncé la production de 19 millions d’unités supplémentaires de paracétamol au cours de la prochaine période pour répondre à la demande nationale. Il ajoute, dans une déclaration accordée à la radio nationale, que les médicaments recommandés par le protocole sanitaire contre le coronavirus sont disponibles, qu’il s’agisse de ceux fabriqués localement ou de ceux importés. Il explique que ces médicaments sont distribués de manière régulière. Pour conclure, le responsable affirme que la pression sur certains médicaments comme le paracétamol, est attribuée à plusieurs facteurs comme la commercialisation sauvage et l’automédication qui ont conduit à une large consommation de cette substance. C’est d’ailleurs pour répondre à cette demande croissante que la tutelle a injecté environ 16 millions d’unités de novembre au 13 janvier, et a programmé de produire 19 millions d’unités d’ici la fin février, souligne encore le responsable.
T. K.

 

 

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