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vendredi 7 octobre 2022

Annoncée par Mohamed Arkab à la 26e édition de la Journée de l’énergie: Une stratégie nationale de développement de l’hydrogène

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a révélé, hier, que son secteur a été chargé par le gouvernement d’élaborer une stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène.

Par Meriem Benchaouia

S’exprimant à l’ouverture des travaux de la 26e édition de la Journée de l’énergie, le ministre a indiqué que pour préparer cette stratégie, une commission interministérielle a été formée. Elle est composée des secteurs de l’Energie, de la Transition énergétique, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, des Start-up et de la Finance, en plus du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (Cerefe). Selon lui, l’Algérie est en mesure de jouer un rôle prépondérant dans la production de l’hydrogène au niveau régional. «Les premières données démontrent que l’Algérie dispose de grandes potentialités qui l’habilitent à avoir un rôle régional prépondérant dans ce domaine, à la faveur d’un immense potentiel d’énergie solaire, de réseaux étendus et intégrés pour le transport de
l’électricité et du gaz, de réserves hydriques considérables et d’importantes capacités en matière de recherche et de développement», a-t-il dit. Ainsi, l’Algérie possède «de grands atouts et un avantage compétitif» qui lui permettent d’occuper une bonne place pour investir dans l’industrie de l’hydrogène, a relevé le ministre, citant les ressources en gaz naturel disponibles pour appuyer la production de l’hydrogène bleu. Produit à partir du gaz avec séquestration des émissions de carbone, l’hydrogène bleu est «important» à court et à moyen terme pour ainsi développer de l’hydrogène vert (produit à partir des énergies renouvelables) avec «efficacité et faisabilité économiques élevées». L’Algérie jouit également, a-t-il dit, d’une position stratégique, de ports et d’infrastructures pour le transport du gaz, permettant de répondre à la demande locale, régionale et mondiale sur l’hydrogène, outre sa longue expérience dans les technologies utilisées dans ce domaine, ainsi que la disponibilité d’expertises techniques et de capacités de conception dans le secteur de l’Energie pour contribuer à la fabrication locale d’équipements de production d’hydrogène. «Toutes ces capacités devront permettre à notre pays de s’intégrer rapidement dans la dynamique régionale de développement de l’hydrogène», a-t-il encore affirmé. Cependant, le développement de l’hydrogène en Algérie requiert un ensemble d’exigences essentielles et de relever plusieurs défis afin de créer un environnement économique idoine, selon le ministre. Il s’agit précisément de la préparation d’un cadre législatif et réglementaire approprié, de la définition des secteurs prioritaires pour l’utilisation de l’hydrogène, de la préparation et la qualification du capital humain et de la recherche scientifique, de la réalisation des études nécessaires à la construction de projets pilotes, de l’examen des modes de financement ainsi que du développement des relations et des opportunités de coopération internationale, a-t-il souligné.

Ziane plaide pour une transition énergétique adaptée aux spécificités nationales
Le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Benattou Ziane, a plaidé pour une transition énergétique adaptée aux spécificités nationales afin d’assurer une transition énergétique «renforcée et durable». Dans une allocution prononcée à l’ouverture de la 26e Journée de l’énergie, le ministre a affirmé que «la transition énergétique doit être une transition lucrative, sûre, globale et adaptée aux spécificités nationales pour réaliser l’efficacité économique». Le nouveau modèle économique auquel aspire l’Algérie doit s’adapter à la nature des défis futurs et aux ressources naturelles et richesses qu’elle recèle, a-t-il soutenu. «A travers une lecture attentive et éclairée des autres expériences, nous prenons conscience que la transition énergétique sûre, souple, lucrative et durable est une transition totale et globale à tous les niveaux, sur tous les plans et dans tous les secteurs, étant un mix d’énergie souple caractérisé par la cohésion systémique et structurelle jouissant d’une acceptation socio-économique aux avantages établis avec un système structuré», a estimé le ministre. Ainsi, la transition énergétique implique d’opérer des changements dans divers domaines, à l’instar du numérique, des technologies et du domaine social, selon lui. A ce titre, le ministre a mis en avant l’importance primordiale de l’hydrogène vert qui est à même de réaliser un bond qualitatif en matière de stockage de l’énergie et de réduction de l’empreinte carbone.

Nécessité de s’orienter vers l’investissement dans l’hydrogène
Le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, a affirmé que les mutations que connaît le monde dans le domaine de l’énergie imposent de s’orienter vers l’investissement dans l’hydrogène, un créneau dans lequel l’Algérie dispose de grandes potentialités. Le ministre a déclaré qu’au regard des changements que connaît la scène énergétique mondiale, l’Algérie est désormais appelée à s’intéresser davantage à l’investissement dans l’exploitation des potentialités qu’elle recèle, y compris l’hydrogène vert. Il convient donc de mettre en place un plan d’action à court et à long terme en coordination avec les sociétés spécialisées et les différents acteurs dont la société civile, en vue d’encourager l’investissement dans le domaine des énergies renouvelables et les filières industrielles concernées, a recommandé le ministre qui a fait valoir que «le travail collectif est indispensable pour réaliser une transition énergétique efficace». A la faveur des atouts qu’elle possède pour développer l’hydrogène, l’Algérie peut devenir un acteur énergétique mondial et être ainsi bien placée pour atteindre les objectifs dans le domaine de la transition énergétique et mieux lutter contre les changements climatiques, a soutenu le ministre. Ainsi, le développement de l’hydrogène renforcera la croissance de plusieurs branches industrielles telles que l’industrie de l’ammoniac, les engrais, les tissus industriels, la chimie industrielle et l’électronique, a-t-il poursuivi. Il a appelé les investisseurs algériens à conclure des partenariats avec les opérateurs des pays pionniers dans le domaine de la transition énergétique et de l’efficacité énergétique, à même de leur assurer le transfert des technologies de pointe dans ce domaine. Ces efforts seront accompagnés par la mise en place de cadres juridiques et réglementaires pour inciter et encourager l’investissement, la recherche et le développement ayant trait à la transition énergétique, a-t-il ajouté.
M. B.

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