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dimanche 26 juin 2022

Américains et Iraniens acceptent de se reparler

Les Etats-Unis et l’Iran ne sont pas les seuls signataires de l’accord de Vienne de 2015 portant sur le programme nucléaire iranien, mais que surgisse entre eux un différend, qu’il soit ou non lié directement au contenu de cet accord, et il devient loisible de constater que les autres signataires ne sont en réalité là que pour donner le change, que pour faire croire qu’il ne s’agit pas en l’espèce d’un traité bilatéral comme un autre. Lorsque l’administration Trump l’a dénoncé en mai 2018, pour rétablir aussitôt toutes les sanctions américaines contre l’Iran suspendues au lendemain de sa conclusion 3 années plus tôt, ses 5 autres signataires (Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Chine, Union européenne) n’ont pu que le regretter. Les Etats-Unis et l’Iran auraient pu très bien convenir de ses dispositions sans associer des tiers. D’ailleurs, au moment du retrait des Américains, tout s’est passé comme si en effet l’accord n’impliquait qu’eux. Nul garant n’a réagi comme tel, en forçant les Etats-Unis à revenir dans l’accord. La Chine et la Russie n’ont même pas cherché quant à elles à jouer alors aux vierges effarouchées, comme les Européens, et en particulier la France et la Grande-Bretagne, froissées de la désinvolture américaine à leur endroit.

L’Iran avait beau demander aux Européens de mettre en place un mécanisme susceptible d’atténuer l’impact sur son économie et son peuple des sanctions américaines (d’après Trump les plus dures jamais imposées à un pays), il n’a eu droit de leur part qu’à des promesses et à des gesticulations. Ils avaient peur que leurs entreprises ne tombent sous les coups de la loi américaine, dont le champ d’application ne se connait pas de frontières, en continuant de commercer avec lui. Ils ont tenu tête aux Etats-Unis non pas en ignorant leurs sanctions, mais en refusant de se retirer à leur tour de l’accord, c’est-à-dire en parole seulement. Ils ne tarderont guère à faire savoir que pour eux aussi l’accord n’est pas idéal, et qu’il faut lui en adjoindre des clauses qui donneraient satisfaction aux Américains, et à leurs alliés dans la région, au premier chef Israël et l’Arabie saoudite. Ces deux-là ne sont pas signataires, mais leur avis a somme toute plus de poids que celui de plusieurs des signataires attitrés, représentés qu’ils sont dans ce dossier par les Etats-Unis eux-mêmes. Une réalité que le président français a proposé dernièrement de formaliser en conviant les deux ennemis jurés de l’Iran à la renégociation, puisque c’est de cela qu’en effet il s’agit. Si on renégocie, c’est que l’accord de 2015 est mort. De sorte qu’il n’est pas vrai que les Etats-Unis reviennent dans l’accord de Vienne. Si c’était le cas, ils lèveraient leurs sanctions, toutes leurs sanctions, en posant pour seule condition l’application par l’Iran de ses obligations telles que consignées dans l’accord en question, desquelles il s’affranchit avec une gradation étudiée. On reviendrait alors à la situation d’avant le retrait américain, comme si dans l’intervalle rien ne s’était passé. Pour autant, le fait qu’il y ait d’autres parties prenantes n’aura pas été complètement inutile, les efforts des Européens notamment ayant permis qu’une rencontre entre toutes soit envisagée pour bientôt. C’est qu’il faut faire vite, le jour que l’Iran s’était fixé pour prendre une nouvelle liberté avec l’accord étant déjà arrivé. C’est aujourd’hui.

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