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mercredi 8 février 2023

Amende

En 2012, au moment de la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, Manuel Valls pensait certainement qu’il avait le potentiel pour être un Nicolas Sarkozy de gauche. D’abord ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, Valls ne cachait même pas ses vues sur l’Élysée et estimait qu’après un second mandat de Hollande il serait le plus à même de maintenir sa famille politique au pouvoir. Mais cela était sans compter sur l’immense impopularité de Hollande et des sympathisants de gauche qui l’on humilié lors des élections primaires du parti socialiste en 2017. Depuis, tout va de mal en pis pour l’ex-Premier ministre qui après une tentative, ratée elle aussi, de se construire une carrière politique en Espagne, son pays natal, est revenu en France sous les quolibets. Aujourd’hui, les problèmes de Valls prennent une nouvelle dimension alors qu’il est condamné pour des irrégularités de financement de sa campagne des municipales de Barcelone. En effet, l’ancien Premier ministre avait accepté des paiements de tiers pour financer sa campagne municipale en 2019. Des faits jugés «très graves» par la Cour des comptes. Démissionnaire de son poste de conseiller municipal de Barcelone et également retiré de la vie politique française, Manuel Valls devra ainsi rembourser 277 000 euros pour avoir financé irrégulièrement sa campagne en acceptant des paiements de tiers, mais aussi en ne déclarant pas des dépenses électorales de son premier micro-parti précédant son engagement définitif dans la campagne. Ainsi, l’ancien Premier ministre français, qui, lors de cette campagne, se présentait en tant que défenseur de l’unité espagnole face au «danger» de l’indépendantisme, a reçu des dons d’importants hommes d’affaires et de membres de la haute bourgeoisie catalane de Barcelone et de Madrid. Selon le média Nacio Digital, Manuel Valls n’a pas fait appel de sa sanction qui est la plus forte infligée à un parti engagé dans ces élections municipales. L’infraction a été jugée «très grave» par la Cour des comptes, justifiant cette amende de 251 698 euros à laquelle s’est ajoutée une autre sanction de 25 000 euros pour dépassement du plafond la limite maximale de dépenses en publicité extérieure. Lors des élections municipales de 2019, Manuel Valls avait obtenu 13% des voix. Pas suffisant pour être maire, mais ses conseillers avaient fait pencher la balance pour désigner le maire. Apportant ses voix à Adau Colau (soutenue par l’ultra-gauche Podemos), il avait ainsi barré la route au candidat indépendantiste. En août 2021, Manuel Valls avait démissionné de son poste de conseiller municipal. Il avait échoué ensuite à se faire élire député des Français de l’étranger lors des élections législatives de juin dernier sous la bannière de la coalition de la majorité présidentielle Ensemble. Une défaite d’autant plus humiliante pour l’ex-chef de gouvernement qui pensait qu’un jour il serait le maître de l’Élysée et qui n’a même pas pu obtenir une députation auprès des Français de l’étranger. Reste à voir si cette condamnation marque le holà à sa carrière ou si, incapable de rester loin de la politique, il trouvera un moyen, du moins d’essayer, de revenir dans la vie publique française.

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