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mardi 9 août 2022

Allégations

Si la Russie ne peut pas compter sur grand monde pour la soutenir dans sa guerre contre Kiev, elle peut néanmoins compter sur la Corée du Nord qui a accusé dimanche les États-Unis de fabriquer des armes biologiques en Ukraine, faisant écho à une accusation déjà formulée par Moscou et rejetée par les Nations unies en mars. Washington a «installé de nombreux laboratoires biologiques dans des dizaines de pays et de régions, dont l’Ukraine, au mépris des traités internationaux», a indiqué l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, faisant référence à des éléments «détectés» par la Russie. Pyongyang, allié du Kremlin, a également accusé Washington d’être «un vicieux commanditaire du terrorisme biologique jetant l’humanité dans la destruction» et d’avoir mené une «guerre bactériologique» pendant la guerre de Corée dans les années 1950. Des affirmations que Pyongyang, Pékin et Moscou ont faites à plusieurs reprises dans le passé. Washington a démenti ces allégations. Moscou a accusé Washington en mars de financer des recherches sur le développement d’armes biologiques en Ukraine, envahie fin février par la Russie qui poursuit son offensive. Washington et Kiev réfutent l’existence de laboratoires destinés à produire de telles armes en Ukraine. Les États-Unis craignent que ces allégations indiquent une intention du Kremlin de bientôt utiliser de telles armes en Ukraine. Izumi Nakamitsu, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires de désarmement, a également déclaré en mars que l’ONU «n’avait pas connaissance d’un quelconque programme d’armes biologiques en Ukraine». En février, Pyongyang a déclaré que la politique américaine était la «cause profonde de la crise ukrainienne». La Corée du Nord vient de reconnaître officiellement deux régions séparatistes prorusses autoproclamées dans l’est de l’Ukraine. Il semble ainsi bien loin le temps où les États-Unis dialoguaient encore avec Pyongyang en vue d’un accord de paix. Ainsi, l’axe des alliés de la Russie se renforce même si de l’autre côté les pro-Ukraine représentent une portion non négligeable de la communauté internationale avec les Américains en tête, suivis des Européens. Reste à voir jusqu’où les Nord-Coréens pousseront leur alliance avec la Russie dans ce dossier brûlant, et si Pyongyang, qui doit notamment faire régulièrement face à des épisodes de famine, bénéficiera de contreparties en échange de son net positionnement pro-russe.

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