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dimanche 14 août 2022

«Algérie 1962, une histoire populaire»: L’historienne Malika Rahal signe un nouveau livre

L’historienne Malika Rahal propose à ses lecteurs dans son dernier ouvrage intitulé «Algérie 1962, une histoire populaire» de déplier les événements complexes et importants pour l’histoire de l’Algérie indépendante qui se sont déroulés durant l’année 1962, marquant la fin de 132 ans de colonisation et le début d’une nouvelle ère.

Par Abla Selles

Cet ouvrage de 419 pages, paru dernièrement aux éditions Barzakh, délimite une tranche d’histoire allant de janvier à décembre 1962, une année marquée par trois événements majeurs aux yeux de l’auteur, la proclamation du cessez-le-feu du 19 mars, la proclamation de l’indépendance et la mise en place, en septembre, du premier gouvernement algérien en charge de dossiers, tous plus urgents les uns que les autres. Cette recherche, basée sur une riche documentation composée d’articles de presse de l’époque, d’extraits de publications d’historiens et de correspondances de fonctionnaires internationaux et diplomates, tente de restituer cette période telle que vécue par les citoyens algériens mais aussi ses différents impacts.
Revenant d’abord sur «le temps de l’OAS», l’historienne regroupe des témoignages des violences perpétrées par l’Organisation de l’armée secrète composée d’ultras, partisans du maintien de la colonisation et de «folles rumeurs» qui avaient rythmé le quotidien durant une partie de cette année. Malika Rahal évoque également l’installation progressive de différentes formes d’autorités algériennes (comités de quartiers, représentants du FLN ou de l’ALN, centres de soins de fortune, …), l’apparition de nombreuses manifestations de jeunes comptant sur l’effervescence comme mouvement social, en plus d’une forme d’algérianisation des quartiers où les Algériens s’étaient repliés pour mieux s’entraider et faire face à la violence avant la libération.Sur la base de témoignages et d’études, l’auteure aborde le déplacement forcé de 41 % de la population algérienne vivant sous le système colonial et la vie dans les «camps de regroupement» sur la base de témoignages de personnes qui y ont vécu leur enfance, en plus de s’intéresser à la «complexe expérience de l’ouverture des camps». Elle s’intéresse également au camp de regroupement comme élément urbain et son devenir après le recouvrement de l’indépendance.
Dans le même élan, l’historienne explore l’organisation du retour des réfugiés et des détenus, la démobilisation et la reconversion des combattants ainsi que la gestion de certaines urgences vitales. En 1962, dans cette «Algérie de tous les futurs», il fallait aussi mettre en place un système de santé apte à faire face à l’urgence et à remettre en route le système éducatif.
Malika Rahal expose aussi «l’Algérie de toutes les urgences» qui devait, en plus de la santé et de l’éducation, se nourrir, se loger, déminer les sols, faire fonctionner les usines, former des instituteurs, des médecins, des ingénieurs pour assurer ce changement vers un Etat national.
Abordant les différents impacts de l’année 1962, l’universitaire aborde également un nouvel espace physique déserté par les Européens et de nouveaux espaces sociaux inaccessibles aux Algériens colonisés, en plus de revenir sur la première «salve de débaptisation» opérée dès l’automne 1962 dans plusieurs villes, à mesure que les nouvelles municipalités se mettaient en place.
A. S.

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