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mardi 27 septembre 2022

Aides

Lors de la première prise de pouvoir des talibans en Afghanistan (1996-2001), les relations avec l’Occident étaient quasi inexistantes, surtout qu’ils sont considérés comme un régime extrémiste dangereux avec lequel aucune discussion n’est possible. Le 20 août 1998, les États-Unis lancent même des douzaines de missiles de croisière sur des camps d’entraînement présumés d’Oussama ben Laden, en représailles aux attentats contre leurs ambassades de Nairobi et Dar es Salam. Mais aujourd’hui, alors que les talibans sont les mêmes fondamentalistes ayant arraché le pouvoir en semant la terreur et en commettant des milliers d’attentats résultant en centaines de milliers de morts, les instances internationales semblent pourtant ouvertes à la discussion. Les talibans ont ainsi demandé l’aide de l’Union européenne pour garantir le fonctionnement des aéroports afghans lors de discussions ce week-end à Doha, où ils se sont engagés à permettre le départ de ceux qui le souhaitent, a annoncé l’UE dimanche. «La délégation afghane a confirmé son engagement à garantir et à faciliter le passage en toute sécurité des ressortissants étrangers et des Afghans qui souhaitent quitter le pays», a déclaré dans un communiqué le service diplomatique de l’UE (SEAE). «À cet égard, les deux parties ont souligné l’importance fondamentale de maintenir les aéroports afghans ouverts et la délégation afghane a demandé une aide pour maintenir les opérations des aéroports», ajoute la diplomatie européenne. Les talibans se sont également engagés à respecter leur promesse d’«amnistie générale» pour les Afghans qui ont travaillé contre eux pendant les deux décennies de domination occidentale, jusqu’au retrait précipité des États-Unis en août, selon ce document. Par ailleurs, «les deux parties se sont déclarées gravement préoccupées par la détérioration de la situation humanitaire en Afghanistan à l’approche de l’hiver», indique le communiqué, qui précise que l’UE continuera à fournir une aide humanitaire. L’UE a notamment exhorté les talibans à mettre en place un «gouvernement inclusif», à encourager la démocratie et à garantir l’égalité d’accès des filles à la scolarité. Elle a également suggéré que si les talibans remplissaient les conditions de l’UE, des financements supplémentaires pourraient être débloqués, mais uniquement «au bénéfice direct du peuple afghan». Les talibans ont réaffirmé qu’ils feraient respecter les droits de l’homme «conformément aux principes islamiques» et qu’ils accueilleraient le retour des missions diplomatiques qui avaient été fermées, selon la déclaration. L’UE précise dans le communiqué que «le dialogue n’implique pas la reconnaissance par l’UE du gouvernement intérimaire (taliban) mais fait partie de l’engagement opérationnel de l’UE, dans l’intérêt de l’UE et du peuple afghan». Ces discussions précédaient deux semaines de négociations entre les États-Unis et les talibans, prévues à partir de cette semaine dans la capitale qatarie également. L’UE semble ainsi prête à aider le régime taliban parce que ce dernier fait des promesses qui ressemblent beaucoup à celles faites aux Américains avant leur départ et qui, on l’a vu, n’ont pas été tenues. Malgré tout, les Européens semblent enclins à croire une fois encore les fondamentalistes au pouvoir en Afghanistan et à aider ceux qui en trois mois ont totalement supprimé les femmes de l’espace public et multiplient les exécutions.

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