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lundi 26 septembre 2022

Ahmed Bouda, recteur de l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou : «Pas de développement économique sans l’apport de l’université»

L’Université algérienne amorce son entrée dans une troisième phase de son évolution et de sa participation au développement du pays, a considéré, hier, dans un entretien à l’APS, Ahmed Bouda, recteur de l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO).

Par Kamal L./APS

Un processus et une participation au développement du pays dont l’acte fondateur a été l’adhésion massive de l’étudiant algérien à l’appel du FLN le 19 mai 1956 pour sa libération du joug colonial, a souligné le recteur, à la veille de la commémoration de cette date.
«Aujourd’hui, ce n’est certes pas le même effort ni la même forme, qui est demandé, mais nous sommes en train de vivre une transition très importante pour l’avenir du pays et il n’y aura pas de développement économique sans l’apport de l’Université», estime l’universitaire.
Pour M. Bouda, cette nouvelle phase sera celle qui «accordera beaucoup d’importance à l’innovation et à la recherche-développement pour apporter un plus au développement socio-économique du pays».
A l’indépendance du pays, et jusqu’au début de ce millénaire, explique-t-il, «l’effort des pouvoirs publics a été axé sur la formation à laquelle ils avaient accordé la priorité, le pays étant dans le besoin de cadres, techniciens, ingénieurs et médecins».
Ensuite, durant les 20 dernières années, la politique universitaire s’est orientée vers le développement de la recherche. «Plusieurs laboratoires de recherche ont été agréés au niveau de différentes universités et un intérêt a été accordé à la recherche scientifique en y mobilisant des fonds et acquérant les équipements nécessaires».
Durant cette même période, poursuit-il, «l’Université algérienne a pu développer de la recherche de très haut niveau, et des articles scientifiques sont tous les jours publiés par des scientifiques algériens dans des revues de renommée internationale», même si, déplore-t-il, «cela est resté peu visible».
Et c’est pour donner une visibilité à cet effort et ce travail que le passage à cette troisième et nouvelle phase a été amorcé par les pouvoirs publics qui ont commencé, depuis 2 ou 3 ans, à «adapter les textes réglementaires pour passer à la phase recherche-développement et innovation», souligne M. Bouda.Un processus marqué, a-t-il détaillé, par «la mise en place et l’expansion des incubateurs à travers diverses universités du pays et l’amorce d’un élan de relations entre l’Université et le monde socio-économique».
Ce qui ouvre des perspectives pour l’Université algérienne qui «parviendra, d’ici quelques années, à proposer et mettre en place des produits innovants qui permettront le développement social et économique du pays», a-t-il ajouté.
Au niveau de l’UMMTO, «nous travaillons à rattraper un certain retard pour cause d’infrastructures non achevées et d’équipements de recherche qui n’ont pas été acquis, à l’exemple de la plate-forme technologique, du plateau technique d’analyse physico-chimique et plein d’autres projets, malgré l’existence des fonds», a relevé le recteur.
Toutefois, précise-t-il, «un processus de contacts et de développement de relations et conventions avec le monde socio-économique est d’ores et déjà engagé pour faire de l’UMMTO son partenaire dans le développement».
A ce titre, il a indiqué qu’une dizaine de conventions ont été signées au courant de cette année universitaire, dont huit avec des entreprises nationales et deux avec des entreprises étrangères, tout en étant à la recherche de nouvelles opportunités de partenariat. «Maintenant, nous devons travailler à donner du sens et du concret à ces conventions qui permettront à l’Université de se développer et aux étudiants et enseignants de développer leurs idées innovantes», a conclu le responsable de l’UMMTO.
K. L./APS

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