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samedi 10 décembre 2022

Agacement

Au lendemain de l’investiture de Joe Biden en début d’année, les Européens ont commencé à évoquer avec de plus en plus d’insistance une reprise de l’Accord sur le nucléaire iranien. Une reprise qui avait été l’une des grandes promesses de campagne du président démocrate. Pourtant, aujourd’hui, toujours aucun signe de Washington et Téhéran d’une mise en place de discussions sérieuses sur le sujet. Mais surtout l’insistance européenne excède visiblement les parties concernées. Le Président iranien, Hassan Rohani, a ainsi exhorté cette semaine les pays européens à éviter «toute menace ou pression» dans les négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire, lors d’une rencontre avec le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney. Depuis l’arrivée de Joe Biden à la présidence américaine, Washington, les parties européennes (France, Allemagne, Royaume-Uni) et Téhéran, tentent de sauver l’Accord conclu à Vienne en 2015, qui accordait à l’Iran un allègement des sanctions internationales en échange de restrictions sur son programme nucléaire. Cet Accord est susceptible de voler en éclats depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 par l’ancien président Donald Trump, qui a réimposé des sanctions punitives contre la République islamique. «La meilleure façon de résoudre les problèmes avec les partenaires européens à différents niveaux bilatéraux, régionaux et internationaux, ce sont des négociations basées sur le respect mutuel en évitant toute menace ou pression», a estimé Hassan Rohani, lors de la rencontre, selon un communiqué de la Présidence iranienne. Hassan Rohani a renouvelé ses critiques contre «l’inactivité de l’Europe par rapport aux engagements de l’Accord», ajoutant que l’Iran s’était engagé à le «préserver» en tant que «seule partie à en avoir payé le prix». Cette déclaration intervient quelques jours après que l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont abandonné un projet de résolution dénonçant Téhéran auprès de l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA), le gendarme onusien du nucléaire. Téhéran a salué jeudi cette décision qui permettait de garder «ouverte la voie de la diplomatie» sur la question du nucléaire iranien. Le 23 février dernier, l’Iran avait commencé à restreindre certaines inspections de l’AIEA, après l’expiration de l’échéance fixée par son Parlement pour la levée des sanctions américaines. Néanmoins, l’Iran et l’AIEA ont conclu un accord technique temporaire deux jours auparavant pour limiter l’ampleur de la suspension de certaines inspections pour une durée pouvant aller jusqu’à trois mois. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, qui devrait également rencontrer son homologue irlandais plus tard dans la journée, avait écrit sur Twitter vendredi qu’il présenterait «prochainement un plan d’action constructif et concret de Téhéran par le biais des voies diplomatiques appropriées». Les Européens, qui semblent nerveux en voyant que la Maison-Blanche sous pavillon démocrate ne prend pas les mesures escomptées vis-à-vis de l’Accord sur le nucléaire, en font ainsi tant qu’ils finissement par agacer les Iraniens et par créer des tensions contre-productives. Même les Américains semblent irrités par le lobbying de l’Europe sur cette question sensible qui risque manifestement de se régler moins rapidement que l’espéraient les Européens.

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