21.9 C
Alger
mardi 9 août 2022

Afin de lever le blocage à l’investissement et au secteur: Une nouvelle loi minière sera présentée au gouvernement

La nouvelle loi minière prévoit des mesures attractives au profit des investisseurs tant algériens qu’étrangers ainsi que des simplifications des procédures administratives. Alors que le secteur des Mines est identifié comme un secteur qui peut jouer un rôle important dans la croissance économique et la diversification de l’économie nationale pour sortir de la dépendance des hydrocarbures, la loi minière actuelle constitue un blocage à l’investissement et au secteur. «Nous n’avons pas profité d’un seul dollar d’IDE», a interpellé le directeur général des mines au ministère de l’Energie et des Mines, Mourad Hanifi, estimant qu’il faut «un cadre législatif attractif, sur le plan régional, pour attirer les investisseurs étrangers, notamment pour la phase d’exploration».
«Il était urgent de tracer une feuille de route avec des objectifs sur dix à quinze ans», a indiqué le DG des mines, Mourad Hanifi, sur les ondes de la Radio nationale. Ainsi, cette nouvelle feuille de route est tracée sur plusieurs axes et une nouvelle loi minière plus attractive sera présentée au gouvernement, précise le DG des mines. Il fallait d’abord «améliorer les conditions d’investissement en commençant par l’amont, donc à partir de l’information géologique qui sera cartographiée, ensuite l’exploration minière qui connaît un très faible effort de la part des investisseurs nationaux et étrangers», a expliqué le responsable. «L’exploration d’aujourd’hui c’est les mines de demain», a-t-il insisté. Invité de la rédaction de la Chaîne 3, il a donné des détails sur le contenu du projet qui prévoit un accès libre au secteur des Mines, sans entraves, une équité de traitement pour les investisseurs entre étrangers et nationaux, publics ou privés. L’accès sera transparent, donnant la garantie pour ceux qui investissent en exploration en cas de découverte et beaucoup de procédures ont été simplifiées avec des délais de traitement des dossiers à respecter envers les investisseurs, a-t-il expliqué. «Ce projet de loi donne une valeur au permis minier désormais considéré comme un titre minier qui crée des droits immobiliers et permet à l’investisseur d’avoir des assurances quant à leurs investissements», a ajouté Mourad Hanifi. En parallèle, pour protéger le domaine minier algérien, le rôle des agences minières a été renforcé, notamment pour le contrôle administratif, technique et même environnemental, afin de veiller au respect des droits et obligations de chacune des parties, comme précisé dans le cahier des charges, a encore précisé le responsable.
Pour faire face à l’absence d’investisseurs ces dernières années, un programme d’exploration a été lancé par l’Etat sur trois ans avec 1,8 milliard de dinars d’investissement pour 26 projets lancés, dont certains sont à un stade très avancé, a rappelé Mourad Hanifi qui regrette que certaines substances existent en abondance en Algérie, pourtant leur production reste faible. «C’est pourquoi, plusieurs projets sont lancés, soit par le Groupe minier Manal, soit par des privés algériens, pour mettre en valeur ces substances, telles que la baryte, la bentonite, le carbonate de calcium, le marbre ou encore le granit», a détaillé Mourad Hanifi. Aussi, «avec les projets lancés, nous projetons, d’ici à 2022 ou 2023, satisfaire la demande interne et arrêter l’importation des minéraux industriels», a expliqué le responsable.
Selon lui, il était urgent de lancer les projets de minerai de fer, déjà à un stade avancé en matière de connaissances. Pour Mourad Hanifi, l’étude du marché révèle que nos besoins en minerai de fer atteindrons, d’ici à 2025, quelque 20 millions de tonnes par an. Actuellement, nous importons pour 400 millions de dollars de minerai de fer, et ce chiffre pourrait facilement atteindre 1 milliard de dollars à court terme. Pour répondre à cette demande, «aujourd’hui nous ne connaissons aucun autre gisement que celui de Gara Djebilet. Son développement revêt un caractère stratégique pour sécuriser notre industrie sidérurgique existante, appelée à se développer à une grande vitesse», fera t-il savoir. «Si les études techniques en cours, lancées en collaboration avec un consortium chinois se précisent, ce gisement peut produire 50 millions de tonnes par an avec un investissement de 7,5 milliards de dollars, en plusieurs étapes», a précisé Mourad Hanifi. Pour les mines de Ouanza et Boukhadra, «après de gros efforts de découverture, des millions de tonnes qu’il fallait dégager pour atteindre le minerai de fer, nous y parvenons puisque la production atteint aujourd’hui 1,9 million de tonnes qui alimentent le complexe sidérurgique d’El Hadjar, et nos projections c’est d’atteindre 3 millions de tonnes par an», a précisé le responsable, ajoutant que «la production de phosphate attendue est de 6 millions de tonnes par an, pour un chiffre d’affaires annuel moyen projeté de 2 milliards de dollars et plus de 2 000 emplois directs qui seront créés. Un projet qui nécessite un investissement de 6 milliards de dollars».
Louisa A. R.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img