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vendredi 7 octobre 2022

Adhésion

La Turquie a essuyé de nombreux refus de la part de l’Union européenne ainsi que des gouvernements et des opinions publiques de nombreux pays du Vieux Continent qui refusent qu’Ankara intègre leur organisation. Pourtant, le pays continue à tenter à toute force de se faire admettre au sein de l’UE. En effet, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a demandé une fois encore, mardi, à l’Union européenne de relancer les «négociations d’adhésion» avec Ankara, à la veille d’un sommet européen à Bruxelles consacré à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. «Nous attendons de l’UE qu’elle ouvre rapidement les chapitres des négociations d’adhésion et qu’elle entame les négociations sur l’union douanière sans céder à des calculs cyniques», a déclaré Erdogan au terme d’une rencontre à Ankara avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. Les déclarations du président turc interviennent alors que la guerre en Ukraine permet à Ankara un retour sur la scène internationale en raison des efforts de médiation qu’elle déploie. Les négociations sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l’UE, démarrées en 2005, se sont enlisées ces dernières années du fait de tensions parfois vives avec Bruxelles sur de multiples fronts. La Commission européenne avait ainsi estimé fin 2020 que les chances d’adhésion d’Ankara étaient «au point mort» à cause des décisions contraires aux intérêts de l’UE prises par ses dirigeants. «La Turquie a continué à s’éloigner de l’Union européenne, avec un sérieux recul dans les domaines de l’État de droit et des droits fondamentaux», déplorait la Commission dans un rapport sévère. Les relations entre Bruxelles et Ankara s’étaient très fortement tendues après la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et la répression touchant opposants et journalistes qui a suivi. Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se réunissent à Bruxelles cette semaine pour un sommet de deux jours consacré à la gestion des conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Un sommet extraordinaire de l’Otan doit également se tenir à Bruxelles aujourd’hui. Le président turc a reçu, en l’espace de neuf jours, quatre dirigeants de pays de l’UE et de l’Otan. Allié de Kiev et membre de l’Otan, la Turquie s’efforce depuis le début de la crise en Ukraine de faciliter une médiation entre Moscou et Kiev mais a refusé de s’aligner sur les sanctions occidentales visant la Russie. Mais au-delà des considérations techniques, c’est bien l’attitude d’Erdogan qui est le plus grand obstacle de la Turquie à l’intégration de l’UE. Ses provocations, menaces et insultes vis-à-vis de Vienne, Berlin ou encore Paris, ne sont effectivement pas propices à une quelconque entente entre Ankara et les Européens qui sont toujours aussi nombreux à refuser l’intégration du pays d’Atatürk.

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