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jeudi 30 juin 2022

Acquittement

Combien d’argent et de temps auront été perdus pour satisfaire l’hubris des responsables démocrates qui depuis l’annonce de la victoire de Donald Trump, en novembre 2016, n’ont eu qu’un seul objectif : réussir à humilier l’homme d’affaires en le faisant destituer et en prouvant ainsi que la défaite d’Hilary Clinton était une erreur de l’Histoire. Pourtant, par deux fois les démocrates ont soumis Donald Trump à une procédure de destitution et par deux fois il a été acquitté. En effet, l’ex-président américain a finalement été acquitté samedi, le Sénat n’ayant pas réuni assez de voix pour le faire condamner : 57 sénateurs ont voté pour un verdict de culpabilité et 43 contre. La majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation n’a donc pas été atteinte. Sans se démonter, son successeur, le démocrate Joe Biden, a estimé qu’en dépit de l’acquittement, le fond de l’accusation n’était «pas contesté», et a demandé à ses concitoyens de défendre la démocratie, qui reste «fragile». Pourtant, les médias, qui n’ont même pas caché ces dernières années leur aversion pour Trump, assuraient que les républicains allaient lâcher l’ex-président et voter avec les démocrates. Mais les élus conservateurs ont dans leur ensemble au contraire gardé leur fidélité vis-à-vis de Trump, au grand dam de ses adversaires. Mais le Parti républicain sort fragilisé d’une séquence commencée en novembre avec la contestation de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle et qui a culminé avec les événements du Capitole. «Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer», a réagi Donald Trump dans un communiqué, se posant une nouvelle fois en victime d’une «chasse aux sorcières». Dans sa première réaction à ce verdict, l’ex-président de 74 ans a pris date pour l’avenir : «Dans les mois qui viennent, j’aurai beaucoup de choses à partager avec vous et suis impatient de continuer notre incroyable aventure pour la grandeur de l’Amérique». Lors du procès, les avocats du milliardaire républicain et les élus démocrates chargés de porter l’accusation ont bataillé pendant les cinq jours, rythmés par des vidéos chocs retraçant les événements. La dernière journée aura elle aussi été menée tambour battant. Puis Patrick Leahy, élu démocrate qui présidait les débats, a déclaré solennellement : «Donald Trump est par la présente acquitté». «Il est temps de boucler cette mascarade politique», a tonné l’un des avocats du 45e président des États-Unis, Michael van der Veen, lors de son court plaidoyer samedi. «Estimer, en se basant sur les indices que vous avez vus, que Donald Trump voulait réellement, et de fait a délibérément suscité une insurrection armée pour renverser le gouvernement américain, serait absurde», a-t-il asséné. Derrière cette accusation, il y a surtout la «peur» de voir Donald Trump réélu en 2024, a-t-il accusé. À l’inverse, Donald Trump est pour les démocrates le principal responsable des événements du 6 janvier, leur «incitateur». La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui n’a jamais caché son mépris et sa haine pour Trump, s’est montrée furieuse devant la presse, en traitant de «lâches» les sénateurs républicains qui avaient acquitté l’ex-président. Le point le plus important de ce verdict à garder, au-delà de l’inutilité de la procédure, sera que dans quatre ans, puisque aucune sanction d’inéligibilité ne lui a été infligée, Donald Trump pourra se présenter une fois encore à l’élection présidentielle de 2024 pour effectuer, si les électeurs le décident, le second mandat qu’il lui a été refusé cette fois-ci.

F. M.

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