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vendredi 12 août 2022

Accompagnement des agriculteurs / Saida Neghza : «Nous avons des guichets, pas des banques»

La présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Saïda Neghza, ne mâche pas ses mots pour critiquer ceux qui veulent retarder le développement du secteur de l’Agriculture pour défendre leurs intérêts.

Par Louisa A. R.

«Je connais les souffrances du secteur de l’Agriculture notamment dans le Sud, j’ai toujours défendu les intérêts de ces régions du pays», dira-t-elle, insistant que «celui qui s’oppose au développement de ce secteur est un criminel, car ils veulent imposer l’importation des produits agricoles alors que le pays pourra aller vers l’exportation». Evoquant la réalité du secteur de l’Agriculture, cette femme d’affaires s’est montrée très optimiste pour l’avenir du pays, disant que la wilaya d’El Oued recèle un potentiel agricole important et affichant ses ambitions pour hisser l’économie nationale vers le haut en allant vers l’exportation de produits agricoles dans les régions sahariennes. Pour réaliser un saut qualitatif et quantitatif de l’économie nationale, il faut encourager l’investissement dans le secteur de l’Agriculture. «J’ai constaté un changement très positif du secteur en matière de production et de transformation. Nous souhaitons atteindre l’exportation de tous les produits algériens, notamment ceux de Oued Souf», dira-t-elle, précisant que «c’est le moment ou jamais pour atteindre cet objectif». Lors d’un point de presse organisé en marge de l’ouverture du Salon national de l’agriculture saharienne, l’«Agro-Souf», Saida Neghza a fait ensuite un large survol des problèmes qui caractérisent le secteur, pointant d’un doigt accusateur les banques qui n’offrent pas des garanties aux investisseurs dans le secteur. Mme Neghza a dénoncé ainsi le manque de mise en œuvre effective des instructions et des ordres du Président Tebboune sur le terrain, notamment en ce qui concerne la fourniture des facilitations et l’élimination de la bureaucratie dans diverses institutions et administrations publiques, telles que les banques. «Les banques algériennes ne soutiennent pas l’investisseur à 100 %, en plus du taux d’intérêt très élevé qui n’encourage pas les jeunes porteurs de projets», a-t-elle regretté, soulignant que «tout le monde se plaint. On a des guichets, pas des banques». Pour la cheffe de la CGEA, le salut de l’agriculture se situe dans l’encouragement de l’investissement.

Salon national de l’agriculture saharienne : l’«Agro-Souf» ouvre ses portes
Ce salon est une occasion de mettre en exergue le potentiel naturel des terres sahariennes et les mécanismes d’accompagnement des agriculteurs. Il tend à encourager les investisseurs à se lancer dans ce créneau d’activité, notamment dans son segment agricole, dans le but d’accroître les superficies irriguées, de rechercher des mécanismes d’exportation de la production agricole, et ainsi de créer une ressource économique alternative aux hydrocarbures. Cette nouvelle édition est organisée en coordination avec la CGEA. Quelque 60 exposants, représentants d’entreprises publiques et privées et autres institutions concernées par le développement de l’agriculture, notamment l’amélioration de la productivité, la qualité et le rendement, ont pris part à ce Salon national de l’agriculture saharienne. Des instances administratives et institutions financières y sont également attendues pour présenter les moyens déployés par les pouvoirs publics en direction des investisseurs agricoles, à travers les facilitations bancaires (crédits) et administratives (foncier agricole). Les mécanismes d’accompagnement technique de l’investisseur agricole sont également présentés lors du salon. En marge du salon, se tiendra un séminaire national sur l’agriculture saharienne en Algérie (perspectives et contraintes).
L. A. R.

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