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lundi 27 juin 2022

Abdessalam Al-Rajihi, expert libyen: Le rôle de l’Algérie «très important» dans l’accompagnement de la Libye

Le directeur du Centre d’études libyen Astrolabe, Abdessalam Al-Rajihi, a affirmé, jeudi, que le rôle de l’Algérie «est très important» dans l’accompagnement de la Libye à parachever la période de transition et «aider le nouvel exécutif à faire face aux ingérences étrangères» qui tentent de parasiter l’unité des Libyens.

Par Hani T.

«Le peuple libyen attend beaucoup de ses voisins pour accompagner le Gouvernement d’unité nationale et le Conseil présidentiel dans l’entreprise de réunification des institutions et le parachèvement de la transition jusqu’à l’organisation de l’élection présidentielle, prévue à la fin de l’année en cours», a déclaré à l’APS le directeur d’Astrolabe. Il a relevé, à ce propos, que le rôle de l’Algérie «est très important durant la période décisive du processus d’édification de la Libye».
«De par ses positions fermes et ses grands efforts pour la préservation de l’unité et de la souveraineté de la Libye et l’éloignement des immixtions étrangères, l’Algérie a eu un rôle éminemment positif durant la période précédente», a-t-il souligné, mettant en avant également son rôle dans «la mise en place des fondements du dialogue inter-libyen sous l’égide de l’ONU».
Le directeur d’Astrolabe a évoqué, cependant, de «grandes craintes chez le peuple libyen d’une réédition du scénario des ingérences étrangères et d’un ravivement du conflit pour semer la discorde et la division et parasiter le nouvel exécutif»,
«L’Algérie a été d’un grand secours pour les Libyens durant la crise et elle peut l’être encore durant la prochaine période», a estimé ce politologue qui a mis en avant le poids politique et diplomatique de l’Algérie au niveau régional et international, qui l’habilite à aider le Gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah à mettre fin aux ingérences étrangères.
Exprimant son optimisme quant à la capacité du Gouvernement d’union nationale à diriger la phase de transition en Libye après avoir eu le vote de confiance de la Chambre des représentants du peuple (Parlement libyen), il a souligné «la détermination de ce gouvernement et des Libyens en général, à faire aboutir cette mission».
«Ces 10 dernières années, les Libyens ont appris la leçon et compris que nul ne pourra imposer son autorité par les armes. Ils ont réalisé, aujourd’hui, que le dialogue et la lutte politique sont bien meilleurs que les guerres et que les urnes sont plus efficaces», a-t-il dit.
Après avoir souligné «l’accueil largement favorable et la sympathie que recueillent le nouveau gouvernement auprès du peuple libyen», il a considéré que de grands défis politiques, sécuritaires et économiques attendent ce gouvernement, «conscient de la difficulté de l’étape».
Pour le directeur d’Astrolabe, les priorités pour le gouvernement de Dbeibah «sont l’unification des institutions, la garantie des services, le renforcement de la stabilité sécuritaire et militaire, l’imposition du respect de l’accord du cessez-le-feu, outre
l’évacuation des mercenaires, dont le nombre s’élève, selon des rapports, à 20 000 et les opérations de déminage».
La prochaine bataille du nouveau gouvernement devant le Parlement, a-t-il encore ajouter «sera la loi de finances pour obtenir les fonds nécessaires à l’entame de son travail, notamment en ce qui a trait aux dossiers urgents, comme l’importation du vaccin anti-Covid-19 et la passation de contrats avec les sociétés spécialisées en maintenance électrique».
A ce propos, il a exprimé ses remerciements à l’Algérie pour son aide à la réparation de centrales électriques, en dépêchant, en octobre de l’année passée, une équipe d’ingénieurs en Libye.
Le directeur d’Astrolabe considère, par ailleurs, que le succès du Chef du gouvernement libyen provisoire, Abdelhamid Dbeibah, dans sa mission, est tributaire de quatre dossiers majeurs touchant directement à la vie du citoyen. Il s’agit, explique-t-il, de «l’obtention rapide du vaccin anti-Covid-19, de la revalorisation du dinars libyen, la garantie d’un minimum d’alimentation en électricité, notamment à l’approche du ramadhan et la disponibilité des marchandises, subventionnées au profit des citoyens».
De son côté, le membre du Conseil présidentiel libyen, Abdullah Al-Lafi, a salué, mercredi, dans une déclaration à la chaîne Radio internationale, le rôle de l’Algérie dans le dialogue politique libyen, en déclarant : «J’adresse mes sincères remerciements à l’Algérie qui nous a aidés et soutenus lors de la rencontre des protagonistes libyens et soutenu le dialogue politique inter-libyen, lequel a débouché sur la constitution du Gouvernement de l’Union nationale et du Conseil présidentiel».
Ce gsouvernement qui a recueilli la confiance de 131 membres du Conseil national libyen intervient après 4 années de division et deux gouvernements dans une seule Libye, l’un à l’Est et l’autre dans l’Ouest, a-t-il rappelé.
Ce gsouvernement conduira l’étape restante qui sera sanctionnée le 24 décembre prochain par des élections qui permettront aux Libyens de choisir, via les urnes, leur président, a-t-il ajouté.
«En tant que Conseil présidentiel et Gouvernement d’union nationale, nous sommes tenus à la feuille de route politique mise en place par la Réunion de Genève», a souligné le responsable libyen qui ajoute que «le défi sera grand pour le nouvel exécutif et nous travaillerons sur le dossier de la réconciliation sociale, le dossier sécuritaire et le dossier économique».

Nadjla al-Mankouche, première femme désignée ministre des Affaires étrangères
Nadjla al-Mankouche, nommée ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Abdelhamid Debeiba en Libye, est la première femme qui dirigera le département de la diplomatie dans l’histoire de la Libye depuis son indépendance en 1951, rapportent les médias libyens.
Sa désignation à ce poste a été saluée comme une «avancée de taille en termes d’égalité homme-femme».
Originaire de Benghazi, Est de la Libye, Nadjla al-Mankouche est juriste de formation. Elle est titulaire d’un doctorat en sciences juridiques de
l’université Georges-Maisson aux Etats-Unis.
Elle a travaillé pendant de longues années en tant qu’avocate avant de devenir consultante internationale dans les questions juridiques et formatrice de hauts cadres dans le domaine du contentieux auprès de plusieurs pays arabes. Mme al-Mankouche résidait depuis 2012 en Virginie, aux Etats-Unis.
Nadjla al-Mankouche est la quatrième femme désignée ministre dans le gouvernement de Abdelhamid Debeibah. Les trois autres femmes ministres ont été désignées à la tête des départements de la Justice, Culture et Affaires sociales.
M. Debeibah a respecté le quota fixant la représentativité féminine à 30 %.
Le Parlement libyen a approuvé, mercredi à Syrte, après deux jours d’intenses débats, l’équipe d’Abdelhamid Dbeibah par 121 voix sur les 132 députés présents. Le nouveau gouvernement prêtera serment lundi à Benghazi (Est), selon la presse libyenne.
H. T.

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