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dimanche 26 juin 2022

Abdelmadjid Tebboune face à la presse nationale: À partir de mars, une allocation chômage de 13 000 DA

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé le versement d’une allocation chômage à partir du mois de mars prochain. Évoquant le sujet lors d’une rencontre périodique avec des représentants de la presse nationale diffusée mardi soir, le chef de l’Etat a précisé que cette allocation sera versée sous forme de présalaire de 13.000 DA au profit de 620 000 chômeurs inscrits auprès des bureaux de l’emploi.

Par Meriem Benchaouia

Il existe trois catégories de chômeurs en Algérie, «la première est une sorte d’assemblage de jeunes et d’adultes pris en charge par le ministère de la Solidarité nationale, la deuxième représente les jeunes en attente d’insertion, et la troisième catégorie incarne les véritables chômeurs qui bénéficieront, à partir de mars prochain, de l’allocation chômage sous forme d’un présalaire de 13 000 DA afin de préserver leur dignité», a-t-il expliqué. Outre cette allocation, ces jeunes bénéficieront d’une «couverture sanitaire comme le reste des salariés», a-t-il expliqué, estimant qu’il s’agit en fait d’«un acquis considérable pour notre pays qui se dirige à pas de géants vers l’épanouissement et le progrès». Le versement de l’allocation en question sera maintenu jusqu’à ce que le bénéficiaire, c’est-à-dire le chômeur, décroche un emploi, a soutenu le chef de l’Etat.

«Hausse des salaires de 14 à 16 %»
Les salaires ont augmenté de 14 à 16 %, à la faveur de la réduction de l’Impôt sur le revenu global (IRG) appliquée dès début 2022, a affirmé Abdelmadjid Tebboune. Selon lui, la hausse des salaires avait permis de contrer les effets de l’inflation estimée en Algérie à
7 %. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des mesures décidées par l’Etat en vue d’augmenter le pouvoir d’achat du citoyen, à la faveur notamment de l’augmentation du salaire minimum à 20 000 DA et l’exonération des salaires inférieurs à 30 000 DA de l’IRG, a rappelé le chef de l’Etat. Ces mesures seront renforcées dans les prochains mois par l’augmentation du point indiciaire au profit des fonctionnaires, a-t-il ajouté. Autre mesure prise pour améliorer le pouvoir d’achat du citoyen, le Président Tebboune a évoqué l’autorisation des producteurs de pâtes alimentaires à acquérir les céréales auprès de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) à des prix subventionnés, d’où la réduction des prix des pâtes alimentaires de 50 %. Il
s’agit aussi de l’impôt sur l’activité des boulangers qui concernera uniquement les bénéfices à compter de fin mars prochain.

L’économie nationale ne restera plus dépendante des cours du pétrole
Au volet économique, le président de la République a affirmé que «l’économie nationale avançait vers l’augmentation de la production nationale et ne restera plus dépendante des cours du pétrole». Relevant que les réserves de change sont établies actuellement à 44 milliards de dollars, le Président Tebboune a estimé que la tension sur certains produits de première nécessité était plutôt liée à un aspect «comportemental» de la part des citoyens, relevant que ce n’est pas un problème d’approvisionnement ou de production. Il a annoncé, par ailleurs, que le dossier des véhicules sera tranché «avant la fin du premier trimestre de 2022». Le chef de l’Etat a affirmé, dans un autre registre, que l’évaluation de la performance du gouvernement, du travail des walis et même des ambassadeurs était effectuée «de manière continue», soulignant qu’en cas d’erreurs graves, la question sera tranchée «immédiatement». Il a indiqué que «la vitesse vertigineuse» dans le traitement des différents dossiers avait retardé ses visites dans certaines wilayas du pays, mettant en avant l’importance de la «communication avec le citoyen qui s’attend à plus
qu’une visite, il attend la prospérité du pays». Il a annoncé, à cet égard, des «programmes complémentaires» au profit des wilayas accusant un retard en termes de développement.

«Construire une démocratie responsable et non une démocratie de façade»
«Nous cherchons effectivement à construire une démocratie responsable et non une démocratie de façade qui, en son sein, n’est qu’une république bananière», a indiqué le Président Tebboune. La démocratie est, selon le chef de l’Etat, «une école où ceux qui en ont tiré des enseignements vivent confortablement», car c’est «une affaire sociétale et non une affaire propre au pouvoir». Dans ce sens, il a mis en garde contre cette minorité qui vit à l’étranger, qui ignore les évolutions que connaît le pays, et donc se livre «aux injures et outrages pour des raisons plutôt psychologiques que politiques, moyennant souvent des sommes d’argent». Ces voix «n’attenteront jamais à la stabilité du pays, car l’Algérie a jeté les bases d’une voie correcte pour reconstruire la démocratie et les structures des institutions étatiques», a-t-il assuré. Par ailleurs, le chef de l’Etat a affirmé que la liberté d’expression est «garantie» pour tous, conformément aux principes stipulés dans la Constitution, sans que cela signifie «autoriser de semer le désordre, créer le chaos et porter atteinte à la sécurité publique». C’est dire que «la construction de la démocratie passe par une liberté d’expression réelle et responsable et non par une liberté de sabotage ou d’injure», a souligné le chef de l’Etat.

«Il y a un dégel» dans les relations entre l’Algérie et la France
Le Président Tebboune a affirmé qu’il y a «un dégel dans les relations entre l’Algérie et la France», soulignant que l’Algérie demeurait «une puissance africaine avérée». Le chef de l’Etat, qui a notamment mis l’accent sur la nécessité d’une «entente» basée sur le respect mutuel, a toutefois relevé qu’il ne pouvait pas «dire plus que cela dans le souci de ne pas influencer sur le processus électoral en France» qui s’apprête à organiser une élection présidentielle en avril prochain. «De manière générale, les choses se sont tassées», a-t-il dit, rappelant les résultats «très positifs» ayant couronné la récente réunion tenue à Alger entre une délégation française conduite par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français avec une délégation conduite également par le SG du MAE algérien.

Le Sommet arabe se tiendra durant le dernier trimestre 2022
Le chef de l’Etat a démenti l’existence d’un quelconque désaccord entre les dirigeants arabes concernant l’organisation du prochain Sommet arabe en Algérie, annonçant qu’il se tiendra au cours du dernier trimestre de l’année en cours. Selon lui, «il n’y aucun désaccord. Au contraire, nous n’avons trouvé que des encouragements de la part des dirigeants arabes frères, du Golfe, d’Egypte, de Tunisie et du Yémen qui attendent la tenue de ce sommet en Algérie». «Tous les frères arabes attendent le sommet en raison de la politique de l’Algérie, équidistante à l’égard de toutes les parties et qui ne jette pas l’huile sur le feu pour provoquer la Fitna entre les pays. Nous tendons plutôt à unir les pays autant que possible», a-t-il assuré. Il a formé le vœu de voir le sommet d’Alger sanctionné de résultats «très positifs», d’autant que «le monde arabe en a besoin», ajoutant : «Arrêtons la désunion».

Les choses se sont «aggravées davantage» avec le Maroc
Interrogé sur les relations entre l’Algérie et le Maroc sur fond de crise entre les deux pays ayant conduit à la rupture des relations diplomatiques, M. Tebboune a déclaré que «rien n’a changé, mais au contraire, les choses se sont aggravées». «Actuellement, le Maroc s’appuie sur la propagande et les fake-news avec le soutien d’Israël», a-t-il dit. Il a souligné que le citoyen algérien était conscient que «tout ce qui porte atteinte à l’unité nationale et tente d’attaquer l’Armée et tout ce qui vise à inventer des problèmes entre le Président et l’Armée etc., viennent de l’appareil de propagande mobilisé par le voisin contre l’Algérie et soutenu par Israël».
M. B.

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