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jeudi 11 août 2022

À l’occasion du Premier Moharram: Lila Borsali présente «Rawdhat El Ochaq» au TNA

L’interprète de musique andalouse Lila Borsali a choisi de célébrer la nouvelle année de l’Hégire (Aoual Moharram) avec son public, en présentant un concert de chants mystiques andalous intitulé «Rawdhat El Ochaq».

Par Abla Selles

Présenté samedi en mode virtuel sur la chaîne YouTube du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), il est reprogrammé durant trois jours de suite afin de permettre aux internautes de prendre part à une belle randonnée spirituelle et maintenir l’attachement à la tradition socioculturelle par ces temps de pandémie.
«Rawdhat El Ochaq», produit en collaboration avec le TNA, est un récital d’une durée de près de 70 mn, qui mêle la musique andalouse au conte. Quatre thématiques, savamment préparées dans le genre Ghernati (Ecole de Tlemcen) dédiées à l’amour et la «place centrale qu’il occupe dans les enseignements de l’Islam», composent le récital, dans lequel chaque partie est introduite par un istikhbar et la narration d’une courte histoire de portée spirituelle et philosophique, riche en enseignements.
Un orchestre composé par des musiciens professionnels a brillamment soutenu la cantatrice qui a rendu une vingtaine de madihs empreints par la richesse de la musique savante du genre andalou.
D’abord «La fraternité», expliquée sur un prélude au qanun dans le mode Raml El Maya, par la métaphore du sitar aux sons célestes, qui définit la notion du bonheur comme la «synthèse de tout ce qui est déjà donné par Le Divin», a été rendue par la cantatrice avec une voix suave, à travers les pièces «Fa qad zalet el houdjoub», «Safat ennadhra», «Lamma bada minka el qaboul», «Elotfia» et «Atani Zamani», déclinées dans des mouvements irréguliers et ascendants.
«L’humilité», deuxième thématique du récital de Lila Borsali, a été introduite par les sonorités mélancoliques du violon et l’histoire de Djaïda, une jeune femme symbole de sagesse, modèle de bonté et de piété, bien récompensée par le ciel.
Sur des cadences cédant progressivement au relâchement, la cantatrice a ensuite donné à l’humilité une forme plus esthétique, rendant dans le mode Sika les madihs «El hamdou li Allah kheirou el kalam», «Ana houwa el abd edhaïf», «Ya Rabbi ya âadim el djah» et «Idha dhaqa sadri».
Lila Borsali met ensuite en valeur, dans un ton pédagogique apaisé, les vertus de la sincérité, à travers l’histoire d’un roi aimé de tous pour sa sincérité dans ses rapports à son serviteur et à son peuple. Faisant monter en crescendo le ton du récital, à travers, entre autres pièces, «Araftou el hawa», «Ma lana mawla siwa Allah», «Qoul lil’Allahi lamani» et «Qoumou qoumou», la cantatrice a parfaitement illustré son conte, déployant son savoir- faire avec une voix cristalline, à la tessiture large, dans un élan spirituel empreint de louanges à Dieu et à son Prophète Mohamed.
Le rapport au Tout-Puissant avec l’intention sincère de lui vouer son être et son existence, est le contenu de «La conscience du Divin», dernière thématique du récital, que Lila Borsali a embellie avec les madihs exécutés dans le mode Sehli décliné en zidane, «Nebda bi ismika», «La ilaha illa Allah» (valse), «Oudhkour Allah» et «Qoudoum El Habib».

A. S.

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