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samedi 3 décembre 2022

A l’approche des élections de mi-mandat la guerre déboule sur scène

Comme à chaque fois, à l’approche d’une élection américaine, quelle qu’elle soit, présidentielle ou législatives, tout semble s’arrêter, même si tout le monde feint bien plus que d’habitude de regarder ailleurs, de vaquer à ses propres affaires. Dans le pays concerné lui-même, on peut se permettre de ne rien cacher de sa dépendance par rapport au choix que feront les électeurs sur des sujets d’intérêt mondial, étant soi-même l’un des leurs. On ne le peut pas si on n’est pas américain, la chose n’ayant rien de réjouissant ni de valorisant. Dans une élection présidentielle américaine, il est de règle que le monde se casse lui aussi en deux, comme si la ligne de fracture traversant les Etats-Unis avait tôt fait de courir au-delà de leurs frontières, pour faire d’une moitié du monde des électeurs potentiels de ce candidat-ci, et de l’autre ceux de son rival. Cette polarisation parfaite du monde, exacte réplique de celle qui se saisit des Etats-Unis lors d’une présidentielle, présente en général des contours moins nets lorsque l’échéance est une législative. Mais du fait de la guerre en Ukraine, une guerre mondiale dans un seul pays, les élections de mi-mandat prochaines suscitent dans le monde un intérêt aussi grand, sinon plus, qu’une présidentielle.

Cet intérêt est probablement plus grand hors des Etats-Unis qu’en leur sein, et en premier lieu dans les pays en guerre, dont le nombre est très supérieur à deux. L’implication américaine dans ce conflit armé, d’une rare intensité, à travers les aides financières et militaires au profit de Kiev, qui se montent déjà en dizaines de milliers de dollars, n’est pas garantie si ces élections sont remportées par les républicains. Cette aide peut être remise en cause, comme le suggèrent des déclarations dans ce sens du côté républicain, lesquelles tendent à se multiplier. Elle est devenue dans la dernière ligne droite de la campagne le principal sujet de campagne, dépassant en importance la question de l’avortement, qui jusqu’à récemment était au cœur du débat, à côté principalement de l’inflation et du droit au port d’arme. Joe Biden aborde désormais le sujet ouvertement, avertissant les électeurs sur ce qui peut arriver à cette aide si les républicains gagnent les élections. De leur côté les républicains, qui jusqu’à ces derniers temps semblaient tous d’accord avec Biden, n’hésitent plus à afficher leurs divergences, et avec l’administration et en leur sein à cet égard, ceux qui y trouvent à redire n’étant pas ceux qui s’en cachent le plus. Il n’est un secret pour personne que les républicains sont divisés sur cette question du soutien tous azimuts à l’Ukraine, entre d’un côté les conservateurs, reconnaissables à leur hostilité constante à la Russie, et de l’autre les trumpistes, qui eux sont pour entretenir de bonnes relations avec elle. Si les démocrates sont soudés dans leur condamnation de la Russie, les républicains ne sont pas, quant à eux, sur les mêmes sentiments envers elle. La balance toutefois n’est pas égale entre ceux qui ressentent de la sympathie pour elle et ceux pour qui elle reste une incarnation du diable. N’empêche, si eux tous reprenaient le contrôle du Congrès, ils s’entendraient pour faire bloc contre Joe Biden, faisant passer au second plan leur désaccord sur la Russie et sur la guerre. Or les républicains ont maintenant un chef, un certain Donald Trump, pour qui l’ennemi principal, ce n’est pas Poutine, mais Biden, contre lequel tous les coups seront permis. Sur n’importe quel sujet, si Biden dit blanc, ils seront unanimes à dire noir, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et jette l’éponge.

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