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dimanche 4 décembre 2022

A la veille du mois sacré: Pour annoncer le ramadhan, les prix ont pris feu

A la veille du mois sacré du ramadhan, les Algériens commencent déjà à souffrir de la flambée des prix des produits de première nécessité. Les citoyens se sont réveillés sur la hausse des prix de certains produits alimentaires.

Par Meriem Benchaouia

Quelques heures avant le premier jour du mois sacré, les prix des produits alimentaires, notamment les fruits et légumes et les viandes, continuent de flamber. Le ramadhan s’annonce dur pour les bourses moyennes. Une simple virée aux marchés de la capitale nous place dans l’ascenseur impitoyable des produits alimentaires de base qui meublent les plats modestes du ramadhan. Comme à l’accoutumée, les commerçants sans aucun scrupule restent les seuls maîtres de la situation et profitent de la forte demande pour gonfler les prix de certains produits de première nécessité, tels que les légumes, les fruits, la viande et le poisson… En dépit d’une large disponibilité des produits de saison, des commerçants sans vergogne, cédant à l’appât du gain, se justifient par le déséquilibre existant entre l’offre et la demande. Cette année encore, le gouvernement tente de rassurer par des promesses, souvent non tenues, sur le bon déroulement de ce mois sacré. Discours d’avant chaque ramadhan. Les discours sont beaux, les mesures annoncées demeurent seulement sur papier. Restera la réalité du terrain où s’affronteront, dans quelques jours, les spéculateurs véreux, sans foi ni loi, et ceux qu’ils s’apprêtent à
saigner : les consommateurs sans défense. Cette année les mesures annoncées par le gouvernement connaîtront-elles sur le terrain l’application nécessaire et efficace pour freiner l’appétit féroce des commerçants spéculateurs ? Ou seront-elles encore une fois un vœu pieux ? Il faut dire que les Algériens sont confrontés à ce problème récurrent de la flambée des prix des produits de première nécessité à chaque ramadhan. L’année passée, malgré «les mesures qui ont été prises» les prix des fruits et légumes mais aussi de la viande (rouge et blanche) ont enregistré une hausse vertigineuse. Malgré ces déclarations, il est souvent très dur de voir que la réalité du marché est complètement aux antipodes. L’exemple des dattes est le plus édifiant. Le produit très demandé pour la rupture du jeûne est passé hier à 850 DA le kg, alors qu’il ne faisait que 600 DA le kg il y a quinze jours. Hier, dans les différents marchés de la capitale, certains produits, comme la volaille et les légumes, étaient inaccessibles aux consommateurs. Les détaillants dépités nous déclarent : «Pourtant, il n’y a aucune pénurie sur ces produits. Du jour au lendemain, les prix ont flambé». Il n’est nullement question de confrontation de l’offre à la demande, s’insurgent-ils. «Comme par enchantement, on augmente uniquement les produits très demandés pendant le mois sacré», soulignent-ils. Le prix du kilogramme de poulet a grimpé à 350 DA à Alger-Centre et au centre de Zéralda. Cette denrée très consommée par les ménages algériens en raison de son prix raisonnable ne sera désormais plus accessible. Cette situation interpelle la rigueur des services de contrôle et les ministères de l’Agriculture et du Commerce, qui ont rassuré récemment de la disponibilité des produits. Les fruits saisonniers ont eux aussi pris l’ascenseur, notamment les fraises cédées entre 200 et 250 DA, les oranges à 220 DA et la banane à 280 DA. Du côté des légumes, et mise à part une stabilité de la pomme de terre disponible à profusion pour 70 DA le kg en raison d’une bonne récolte, tous les autres produits ont vu leurs prix grimper. Il s’agit surtout de la tomate qui, bien qu’elle soit un produit de saison, a été cédée hier entre 150 et 170 DA le kg, alors qu’elle était à 100 DA/kg il y a à peine quelques jours. La laitue, très consommée durant le mois sacré, est déjà à 150 DA le kg. Le pris de la courgette est passé de 90 à 100 DA, et le poivron saute de 100 à 160 DA le kg. L’oignon est à 80 DA, les carottes à 100 DA. Le prix des autres légumes a également doublé, haricots verts à 280 DA, chou-fleur à 100 DA, navet à 100 DA, fenouil et aubergine à 110 DA et concombre à 160 DA. Sans oublier le citron dont le prix varie entre 300 et 400 DA le kg. Cette augmentation des prix est valable aussi pour les produits d’importation très prisés, notamment l’abricot sec vendu à 1 200 DA/kg, les raisins secs de 900 jusqu’à 1 500 DA, selon la variété, et les pruneaux à 900 DA. La viande a également connu une flambée. La viande ovine locale est proposée à 1 400 DA et la viande bovine à 1 650 DA, 1 800 DA le kilo de bifteck. C’est dire, encore une fois, que les ménages algériens devront subir une anarchie commerciale lourdement facturée, car en dehors du marché de gros, les maquignons eux aussi ont commencé à aiguiser leurs couteaux pour trancher presque à l’unanimité sur les nouveaux prix de la viande.

M. B.

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