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jeudi 25 avril 2024

La famine se répand dans Ghaza

Depuis que la famine s’est amplifiée à Ghaza, le sentiment domine que plus rien n’est comme avant, qu’un cap a été franchi si bien que la guerre elle-même a changé de nature. C’est là à vrai dire une fausse impression. L’arme de la famine, en réalité Israël l’a brandie dès le premier jour. Qu’on se souvienne à cet égard de la toute première déclaration du ministre israélien de la Défense, laquelle en son temps avait beaucoup retenu l’attention, avant d’être considérée par beaucoup comme une parole à oublier car excessive, comme telle insignifiante, promettant à la population de Ghaza : plus de nourriture, plus d’électricité, plus d’eau, plus de médicaments. Comme la guerre est aujourd’hui près de boucler son cinquième mois, ce qui au début pouvait être pris pour une politique de rationnement a eu le temps d’évoluer en une politique de privation systématique, mise en œuvre par un occupant tenu en échec et craignant qu’il reste dans cet état d’indécision encore longtemps. Sur un point Israël a tout de suite vu juste, contrairement à nombre de ses alliés, toutefois pas au plus important d’entre eux, les Etats-Unis, qui eux étaient sur ce point du même avis que lui : que cette guerre étant existentielle, il lui fallait la remporter à n’importe quel prix, car rien ne serait plus grave pour lui que de la perdre.

S’il faut passer par un génocide pour détruire l’ennemi une bonne fois pour toutes, et pour cela subir la condamnation universelle, être mis au ban du monde, eh bien qu’à cela ne tienne, car il vaut mieux encore se perdre de réputation que perdre la guerre et du même coup cesser d’exister. Si les Etats-Unis sont pour une trêve et un échange de prisonniers mais pas pour un cessez-le-feu immédiat et durable, c’est parce qu’ils voient bien qu’Israël n’a pas encore gagné la guerre. Et s’il ne l’a pas encore gagnée, cela veut dire que jusque-là tout au moins il l’a perdue, eu égard à sa nature asymétrique. Un conflit de ce type logiquement devrait être un conflit de basse intensité, alors que c’en est un à ce point intense qu’il a volé la vedette à la guerre de haute intensité par définition même qu’est la guerre en Ukraine. Et pour cause, il est pire. A près du cinquième mois de guerre, Israël se décide à recourir à la plus primitive des armes de destruction massive : la famine, sans crainte que ce faisant il achève de convaincre la Cour internationale de justice de le condamner pour génocide, le chef même pour lequel il est aujourd’hui mis en examen par elle. La famine avait commencé par sévir là où la guerre faisait rage, épargnant plus ou moins les autres parties de Ghaza. Aujourd’hui il se trouve qu’elle est plus marquée là où Israël est censé en avoir fini avec la résistance, principalement dans le nord. Si bien que pour l’heure la nourriture, qui n’est nulle part en quantité suffisante, manque bien plus cruellement dans les zones soi-disant pacifiées que dans celles où combats et bombardements sont encore à leur paroxysme, au sud plus particulièrement. Les habitants de Ghaza qui en souffrent se comptent désormais par centaines de milliers. Leur nombre croît chaque jour, les Israéliens s’appliquant dans ce sens.

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