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jeudi 18 août 2022

A cause du Covid-19 et de la cherté des tarifs: L’activité hôtelière et touristique à l’agonie

La pandémie de coronavirus qui a touché de plein fouet le secteur de tourisme, déjà moribond depuis des années, n’a pas été le seul facteur derrière le recul des revenus des hôtels et des restaurants, selon les spécialistes qui pointent du doigt la hausse vertigineuse des tarifs affichés et à la qualité non satisfaisante des prestations.

Par Louisa Ait Ramdane

La pandémie du coronavirus continue d’affecter durement le secteur du tourisme. A cela s’ajoute la cherté du produit touristique, car les prix hors portée affichés par les hôtels et autres structures d’hébergement poussent les citoyens à opter plutôt pour l’étranger, où les tarifs sont vraiment compétitifs, raisonnables et à la portée des différentes franges de la société. Pour les responsables des agences de tourisme et de voyages, il est impératif de revoir les tarifs, d’améliorer les prestations et de diversifier les différentes formules d’hébergement, notamment la promotion de l’hébergement chez l’habitant et la codification de la location par les particuliers des maisons de vacances. Ainsi, le P-DG du Groupe Hôtellerie, tourisme et thermalisme (HTT), Lazhar Bounafaâ, explique que l’année 2020 a été une année quasi-blanche pour l’ensemble des unités du Groupe évoquant un résultat net déficitaire avec un chiffre d’affaires en recul de 36,5%. Dans une déclaration à l’APS, il sollicite les autorités concernées à initier les mesures nécessaires pour aider les gestionnaires des établissements hôteliers dans leur réhabilitation, en ce sens qu’ils constituent le maillon fort de la relance et de la promotion du tourisme en Algérie.
Soulignant, à ce propos, la mise en place d’un comité de pilotage opérationnel pour la relance de l’activité touristique à l’initiative du Groupe et de la compagnie Air Algérie, Bounafaâ met en avant l’impératif d’une volonté de proposition d’actions ciblées, basées sur une priorité absolue, à savoir la relance de la consommation touristique interne pour contribuer à la survie des emplois et des entreprises. Pour ce faire, le P-DG du Groupe HHT préconise la promotion et la commercialisation des destinations touristiques, thermale, saharienne et balnéaire, soulignant par la même, l’importance de renforcer la formation à travers, bien entendu, le recyclage de la main-d’œuvre dans les segments de la restauration, l’accueil, les soins, les TIC et la promotion des produits touristiques.
De son côté, le président de la Fédération nationale des hôteliers algériens (FNH), Ahmed Oulbachir, affirme que la pandémie du Covid-19 a eu un impact négatif sur le rendement des hôtels en raison de l’arrêt total de l’activité, ce qui a entraîné, a-t-il dit, le licenciement d’un grand nombre des travailleurs qualifiés. «C’est là une grande perte pour le secteur du tourisme qui a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée pour sa relance et sa contribution au développement économique durable, hors hydrocarbures», estime-t-il. Affirmant que tous les responsables hôteliers ont été contraints de réduire le nombre de leurs personnels puisque leur activité a reculé à tout juste 25% en raison de la pandémie et de l’application des mesures préventives prévues par le protocole sanitaire, Oulbachir évalue les pertes financières enregistrées par beaucoup d’hôtels à 75%. Ces pertes, ajoute-t-il, s’explique d’autant plus que cette année, la saison estivale a été stoppée net au mois de juillet induisant l’absence de touristes et une récession total de l’activité hôtelière. Pour relancer l’activité touristique, le président de la FNH appelle les pouvoirs publics à prendre en charge les préoccupations des responsables hôteliers à travers la création d’un Fonds de soutien et l’octroi d’indemnités pour atténuer les pertes enregistrées. Aussi, il propose de tirer avantage de la conjoncture sanitaire qui empêche les citoyens de voyager à l’étranger pour booster le tourisme interne, à condition de baisser les prix de 10 à 30% particulièrement les tarifs de restauration et d’hébergement, d’améliorer les prestations et de tracer des programmes diversifiés à longueur d’année. Il est nécessaire, en outre, d’organiser des excursions et des sorties durant les week-ends ou encore pendant les vacances d’automne et d’hiver pour récupérer le manque à gagner des deux dernières années, ajoute le même responsable.

L. A. R.

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