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Alger
lundi 27 juin 2022

Du petit groupe des candidats à la présidentielle libyenne du 24 décembre prochain duquel vraisemblablement sortirait le vainqueur, seul Seif el-Islam Kadhafi a vu son dossier de candidature rejeté par la Haute Commission électorale, organisme en charge d’une opération électorale pour le moins risquée. Les quatre autres, à savoir le maréchal Khalifa Haftar, Fethi Bashagha, Abdelhamid Dbeibah, et Aguila Saleh, – respectivement le chef militaire des forces armées de l’est, l’ancien ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’entente nationale et accessoirement membre sinon le chef de la puissante milice de Misrata, le président du Parlement basé à l’est, et enfin l’actuel chef du gouvernement d’unité nationale – ont passé avec succès ce premier test de passage. Jusqu’à l’annonce officielle des candidatures retenues, prises dans une liste qui cependant reste démesurément longue, puisqu’elle comporte plus de 70 noms, on pouvait s’attendre à ce que l’un ou l’autre de ces élus possibles soit lui aussi éliminé de la course.

Ainsi de Dbeibah, qui au terme de la loi électorale en vigueur n’avait pas le droit de concourir, n’ayant pas gelé ses fonctions officielles suffisamment à temps pour cela, à la différence de Haftar, qui lui avait pris cette précaution. Mais maintenant que ce genre de questions ne se pose plus, et qu’il faille envisager sérieusement le fait que le premier président libyen soit l’un de ces quatre compétiteurs, on peut se demander s’il ne suffit pour savoir lequel de compter le nombre de «divisions» que chacun est à même d’aligner le moment venu. Ce serait en effet un miracle de démocratie qu’il en aille autrement dans un pays coupé en deux, où se trouvent encore près de 20 000 mercenaires, dans les deux camps en présence. Qui n’aimerait pas voir en l’occurrence ses craintes démenties par le cours des événements ? Assister, même à distance, à une élection plus qu’importante, fondatrice d’une nouvelle ère en Libye, se dérouler au contraire dans les meilleures conditions possibles ? Le monde entier serait content pour la Libye, si à la place du désordre attendu, c’est la paix et le respect des urnes qui au bout du compte prévalaient. D’ici à ce que cette divine surprise se produise, la prudence commande d’envisager sérieusement le pire, c’est-à-dire que la Libye replonge dans la violence par suite d’une élection pour laquelle elle n’était pas encore prête. Si c’est parmi les plus forts qu’il faut chercher le futur président, alors l’élection est déjà faite, c’est le plus fort des quatre qui l’emportera. Reste maintenant à savoir lequel est le plus fort. Haftar, Dbeibah, Salah, ou Bashagha ? Comme on a là un militaire et trois civils, il semble facile de répondre à cette question. Le mieux placé des quatre, ce serait Haftar, le chef du groupe armé qui s’est appelé l’Armée nationale libyenne. Ce serait oublié qu’avant de former le projet de se faire élire président, il avait voulu mais en vain prendre par la force Tripoli. Une tentative qui avait duré une année, que la communauté internationale avait laissé se développer, si elle ne l’avait pas franchement encouragée, dans l’idée que si elle réussissait ce serait du même coup la réunification de la Libye, le but recherché par elle aussi. La présidentielle du 24 décembre, bien qu’elle ait été conçue en premier, est apparue depuis comme une alternative à l’échec de Haftar et de ses forces devant Tripoli. Un échec à mettre en entier à l’actif de la Turquie, le seul pays à courir à la rescousse des milices de l’ouest, en grand danger d’être débordées par les attaquants venant de l’est.

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