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lundi 6 février 2023

2022, l’année du retour de la guerre en Europe

Al’exception de la Coupe du monde de football, que le Qatar, force est de le reconnaître, a organisée de main de maître, comme s’il n’avait rien fait d’autre depuis qu’il existe, tous les autres événements de cette année qui s’achève se sont développés à l’ombre du plus important d’entre eux, qui d’ailleurs est survenu à ses débuts, on dirait pour mieux la marquer de son empreinte, pour mieux se saisir d’elle, la subjuguer. La guerre en Ukraine, d’autant qu’elle éclate assez tôt dans son déroulement a fait de ce qui restait de 2022 un prolongement d’elle, une continuation du même sous des formes à peine renouvelées. Tout s’est mis à dépendre de la guerre, bien au-delà du champ de bataille, l’Ukraine, au plan politique comme au plan économique. Même ce qui a commencé avant qu’elle-même n’éclate, comme l’inflation par exemple, comme la hausse du prix de l’énergie, et celui des matières premières, et dont par conséquent elle n’est pas la cause directe, s’est mis à vibrer à son unisson. 2022 a été par excellence l’année de la guerre. Ou plus exactement du retour de la guerre en Europe, un continent qui avait cru en avoir fini avec elle. Comme de plus l’issue de cette guerre reste indécise, l’année qui vient sera à l’image de celle qui s’en va, une année de guerre elle aussi, à plus forte raison si la guerre n’y trouve pas sa fin.

Dans ce cas, 2023 sera d’ailleurs davantage que la précédente une année de guerre, avec le risque accru de l’extension des hostilités hors de l’Ukraine, de leur débordement dans l’un ou l’autre des pays voisins. Mais alors, il ne manquera pas grand-chose à la guerre pour devenir mondiale. Si bien que ses protagonistes, qu’ils soient directement aux prises, à savoir les Ukrainiens et les Russes, ou qu’ils soient les alliés des Ukrainiens, les membres de l’Otan, moins la Turquie et la Hongrie toutefois, en tout cas jusqu’à présent, poursuivent avec une égale détermination deux objectifs contradictoires : la remporter et empêcher qu’elle ne s’étende. Il ne leur faut pas seulement gagner la guerre, il leur faut aussi faire en sorte que la Russie ne se sente pas menacée dans son existence et accepte sa défaite, c’est-à-dire de retirer ses forces de tout le territoire ukrainien. Mais s’il
s’avère que ce sont eux les Occidentaux qui vont perdre, et non pas la Russie, il faut que leur défaite ne déborde pas l’Ukraine pour affecter leur place dans le reste du monde, les conditions étant alors réunies pour l’émergence d’un nouvel ordre mondial. Ce n’est pas seulement pour que l’Ukraine conserve son intégrité territoriale qu’ils se sont mis sur le pied de guerre, sans l’être tout à fait cependant, mais aussi pour que tout reste en l’état. Le monde tel qu’il est leur convient tout à fait. C’est parce qu’ils ne veulent pas qu’il change qu’ils prennent fait et cause pour l’Ukraine. Ils n’ont pas cessé de le répéter : les Ukrainiens ne se battent pas que pour eux-mêmes et leur pays, mais également pour le «monde libre», c’est-à-dire pour eux les Occidentaux. Mais ces gens qui se battent aussi pour eux, eux en revanche ne sont pas prêts à les accueillir dans leurs rangs, dans leur maison, en leur sein. Ces mêmes Ukrainiens qui se battent pour la «liberté dans le monde» ne sont recevables pour le moment ni dans l’Otan ni même dans l’Union européenne. Ce sont des frères, soit, leurs valeurs sont les nôtres, ils sont braves, ils méritent d’être des nôtres. Mais si nous leur ouvrons la porte maintenant, ce sera par là même ouvrir la porte à la guerre directe avec la Russie. Ce sera perdre une guerre qui ne peut se gagner que si la Russie est défaite mais sans que pour autant elle se sente en danger de mort. Contre la Russie, tout le monde est perdant.

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