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vendredi 12 août 2022

1,7 million d’étudiants rejoignent aujourd’hui les bancs des amphis: A quand une vie décente dans les cités universitaires ?

Les cités universitaires sont le calvaire des résidents. En effet, la dégradation des conditions de vie, la surcharge des chambres, le manque de sécurité et la restauration qui s’est transformée en un réel débat épineux sont, chaque année, à l’origine de mécontentement.

Par Thinhinene Khouchi

La rentrée universitaire a lieu aujourd’hui au niveau des différentes universités du pays. Les étudiants s’activent pour s’inscrire au niveau des universités et s’installer au niveau les cités universitaires, chose qui n’est pas facile vu le manque flagrant du transport universitaire qui reprend normalement aujourd’hui. Plusieurs étudiants venus de différentes wilayas du pays, rencontrés hier au niveau de la station du Cous de Tafoura, dénoncent cette situation. «C’est le service minimum pour le transport universitaire, ils attendent toujours la rentrée pour commencer. Ce n’est pas logique, car il y a les inscriptions, le retrait des diplômes, le déplacement des étudiants vers les cités universitaires qui ont lieu avant la rentrée», nous dira Manel, étudiante en droit à Said-Hamdine et résidant à la Cité universitaire de jeunes filles de Ben Aknoun. Concernant les cités, malheureusement comme chaque année, malgré les réformes et renouvellement qui sont annoncés relativement aux chambres des résidents, l’état des lieux est lamentable. Cette année, le ministre de l’Enseignement supérieur, Abelbaki Benziane, a sommé récemment les recteurs des universités à «créer un espace social et un environnement d’une vie décente aux étudiants dans les cités universitaires, en termes d’hygiène et de restauration». Mais au niveau des cités rien n’a été fait. L’année dernière, après le décès d’une étudiante suite à l’explosion d’une bonbonne de gaz dans sa chambre à la cité universitaire «Ouled Fayet 2», à l’ouest d’Alger, l’ex-Premier ministre, Abdeleziz Djerad, avait alors ordonné l’interdiction d »accès à toute personne non résidente au niveau des cités universitaires, pour une meilleure sécurité. Il avait également instruit le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelbaki Benziane, de prendre «des mesures urgentes de réhabilitation à l’endroit des cités universitaires qui connaissent un état de dégradation, les immeubles et les équipements». Le Premier ministre avait donné des instructions pour l’amélioration de la qualité des prestations liées à la restauration, au transport des étudiants et de veiller à l’hygiène dans les résidences universitaires. Une année après, et à la veille de la rentrée universitaire, les premiers arrivés au niveau des cités constatent et relatent la même situation. «Des chambres avec des lits, fenêtres et vitres cassés, des matelas sales, le chauffage qui ne fonctionne pas la plupart du temps, des fuites d’eau inondent les chambres, les couloirs sont crasseux». À en juger par ces témoignages, «la vie décente aux résidents des cités universitaire» ne sera pas pour cette année.

Près de 1 700 000 d’étudiants rejoignent aujourd’hui les bancs des universités

Quelque 1 696 000 étudiants, dont 88 000 nouveaux inscrits, rejoignent aujourd’hui les universités réparties à travers le territoire national. La rentrée sera marquée cette année par le lancement d’une opération d’envergure de vaccination de l’ensemble de la famille universitaire. Afin de garantir la réussite de cette rentrée universitaire 2021-2022, une série de mesures ont été prises à travers l’adoption du principe de gouvernance dans la gestion des opérations administratives, et l’actualisation du protocole sanitaire de lutte contre le Covid-19, outre le renforcement des ressources humaines et matérielles pour une formation de qualité. Il a ainsi été procédé à l’orientation de 332 837 bacheliers sur un total de 345 872 élèves, soit 99,73 %, le défi ayant été relevé grâce à la conjugaison des efforts de la communauté universitaire, s’est félicité le ministère de tutelle, qui ajoute que «plus de 71 % des nouveaux bacheliers ont été orientés vers l’un de leurs trois premiers choix». Il s’agit, par ailleurs, de l’application d’un protocole sanitaire spécial de lutte contre la pandémie de Covid-19, pour chaque établissement universitaire qui laisse une latitude aux directeurs, dans le cadre de la concertation avec les partenaires sociaux et les autorités locales. En prévision de ce rendez-vous, les services du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique se sont attelés à une évaluation de l’expérience du dispositif hybride qui s’appuie sur une alternance entre enseignement en mode présentiel et à distance. Imposé par la pandémie de Covid-19, ce dispositif s’appuie sur l’enseignement en présentiel pour les unités fondamentales et méthodologiques, et le mode à distance pour les unités transversales et de découverte. Le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a été rehaussé, cette année, par l’ouverture des Ecoles nationales supérieures des mathématiques et de l’intelligence artificielle, devant accueillir les premières promotions composées de 200 étudiants chacune. Il a été procédé également au renforcement du secteur par la réception de 20 200 nouvelles places pédagogiques dans plusieurs wilayas, ce qui augmente les capacités d’accueil globales à 1 471 000 places pédagogiques. Concernant l’hébergement,
21 170 lits ont été réceptionnés dans plusieurs wilayas où la capacité d’accueil est passée à 671 000 lits, alors que sept résidences universitaires ont été fermées pour travaux de réfection à Alger, Biskra, Tlemcen, Mostaganem, Relizane et Constantine, et leurs étudiants transférés à d’autres résidences. Il a été programmé la fermeture de trois autres résidences universitaires à Sidi Bel-Abbès, Tlemcen et Médéa. Pour ce qui est de l’encadrement pédagogique, 1 400 nouveaux postes ont été affectés pour le recrutement de maîtres assistants de classe B, avec l’exploitation des postes vacants au titre de l’année 2020. En outre, 1 655 postes ont été pourvus pour le recrutement de maîtres assistants de classe B et 429 postes de professeurs hospitalo-universitaires de classe B, permettant de renforcer les capacités actuelles d’encadrement pédagogique qui atteindront 65 500 professeurs chercheurs, soit une moyenne d’un professeur pour 25 étudiants. Un nouveau mécanisme sera mis en place, cette année, concernant la mise à niveau universitaire au profit des maîtres de conférences de classe B et la préparation d’une nouvelle loi concernant le professeur visiteur, permettant d’attirer les compétences nationales résidant à l’étranger et les compétences scientifiques étrangères.
T. K.

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